‹ Œuvres posthumesChapitre 2 sur 86 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

jourd'huî dispersées deci delà^ tant dans des ouvrages spéciaux que dans des périodiques, à ce point que le baudelairien désireux de posséder tout entier l'œuvre de son poète devait se pourvoir de dix volumes — dont plusieurs épuisés en librairie, et de vingt brochures. Encore, toutes difficultés vaincues, manquait-il à sa collection un grand nombre d'articles critiques et de «variétés» qui, parus voici quelque soixante ou soixante-dix ans dans de petits journaux à cette heure tout à fait introuvables, — tels le Corsaire' Satan et le Paris-Journal, — n'avaient jamais été réimprimés.

C'est la justification des présentes Œuvres Posthumes, effort centralisateur et parallèle à celui dont sortit le Charles Baudelaire, Lettres, l'an dernier. On y a groupé toutes les pièces, poésie ou prose, authentiques ou apocryphes qui, depuis l'édition définitive, ont été mises au jour, et toutes celles, y compris les Fleurs condamnées,qui, parues avant son élaboration, n'avaient pas été admises à son hospitalité. Pour parler l'argot du moment, ce recueil réalise à ce jour le trust des pièces baudelairiennes, jetant le pont, à la différence des ouvrages antérieurs, — de l'ouvrage de M. Eugène Crépet notamment — entre le Baudelaire rigoureusement posthume, si l'on peut dire, et le Baudelaire anthume et inconnu . Ajoutons qu'on y trouve encore plusieurs papiers entièrement inédits, le texte intégral, qui

n'avait pas encore été donné in extenso, des Journaux intimesy et notamment la première version de la fameuse notice sur Edgar AUan Poe, que roblipeance de MM. Calmann-Lévy nous a permis de reproduire.

Le lecteur nous excusera d'avoir insisté avec quelque complaisance sur le complet de notre recueiL Aussi bien est-ce son seul mérite puisque, conçu à un point de vue purement documentaire, il ne prétend en aucune façon à remplacer ses atnés, dont les commentaires de tout ordre seront toujours consultés avec fruit, mais seulement à en avoir centralisé et grossi les matières. Suum ouique. Nous ne sommes pas de ceux qui s'approprient le labeur d'autrui, et nous avons ici poussé le respect de nos prédécesseurs jusqu'à placer sous leur nom les quelques notes indispensables à rintellîgence du texte, dont leurs travaux nous avaient fourni l'essence. Si^ avec l'honnêteté du procédL^ on veut bien leur accorder quelque méthode dans la distribution de leur ouvrage, les éditeurs se flatteront d'avoir pleinement atteint le but qu'ils s^étaient proposé.

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