‹ Œuvres posthumes complètes le Koran Sterne inéditChapitre 3 sur 173 · COMTE HE CHARLEMONT · texte numérisé non relu

COMTE HE CHARLEMONT

Mylord .

Je n’ai pas l’iionneur d’ètre connu de Votre Seigneurie. — La seule raison qui me porte à vous offrir ces deux volumes vient donc du respect et de l'estime que j’ai souvent entendu professer par leur auteur pour la personne et le caractère de Votre Seigneurie.

En me lisant un jour les pages suivantes, il s’arrêta à la fin d’un certain chapitre et s'exprima ainsi : « — Swift disait que, si le monde possédait une douzaine d'Arbullinolx, il brûlerait son Gulliver. — Je déclare également que, s’il existait dans le Royaume-Uni un pareil nombre de Charlemonts. je livrerais’ aux flammes mon Livre il’ Heures (1). »

Un témoignage aussi honorable justifie pleinement le respect avec lequel je me reconnais, en cette occasion, de Votre Seigneurie,

Le très-humble et très-obéissant serviteur,

l/ÉniTEUH.

( I y O titre s'expliquera de lui-mème en temps et lieu.

L’ÉDITEl'R AU LE CT El K

J'offre ici au public les derniers écrits d’un auteur qui pendant longtemps l'a diverti et amusé, et qui a été à la fois l’objet de louange&et de critiques — auxquelles il est resté lui-même complètement indifférent. — C’était un second Démocrite qui laissait aller librement ses opinions au gré de sa philosophie ou de sa fantaisie. Comme il n’insinuait d’ailleurs aucun principe dissolu et qu'H ne provoquait aucun désir libertin, ce qu'on pourrait dire, de pis de la partie la plus malséante* de ses écrits, c'est qu'ils étaient aussi indécents, maison même temps aussi innocents que les ébats d’un enfant sur le parquet.

Je vais sur ce point vous donner son propre avis, que j'ai détaché, ex ore sno. d'une des pages de ce volume —

« Quant à moi, qui suis un philosophe de l'école française qui a pris pour devise, liide, si sapis, j’aflirme que les écrits qui égayent ou divertissent l’esprit, quelque libres et malicieux qu'ils soient, pourvu qu'ils n'aient pas d'autre but que celui d’amuser, ne doivent pas être traités avec une sévérité trop méthodiste, — tandis qu’au contraire on ne saurait anathématiser trop hautement ceux qui attaquent directement ou même de la manière la plus détournée Yhonnenr, la morale ou la relief ion (I). »

(1) Voir ci-après, cliap XI.

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