L'EDITEUR AU LECTEUR
Les feuillets qui suivent devaient, dans la pensée de l’auteur, former un ouvrage plus considérable que celuici. 11. l’aurait publié, lorsque lui-même, — ou le public, — se serait trouvé fatigué de l’incohérence légère de ses premiers écrits. — Mais sa mort prématurée et inattendue l’a empêché de mettre en ordre et de compléter son œuvre.
Ces pages m’ont. été remises peu de temps avant ce triste événement, pour les corriger ou les détruire, selon que je le jugerais convenable, et, sur son lit de mort, il m’autorisa à en disposer à ma fantaisie,- — à les garder parmi mes papiers divers pour mon propre amusement, à les publier ou à les jeter au feu. — Les paroles qu’il m’adressa, dans cette douloureuse circonstance, furent aussi élégantes que flatteuses.
El dixit moriens : — Te nünc habet ïsta secuxdum.
J’ai pensé qu’un ouvrage de cet auteur, dans lequel il a déposé une aussi grande partie de son âme, pourrait intéresser le public. J’ai donc confié à la presse ces fragments incorrects, ces esquisses incomplètes, sans y rien ajouter ni retrancher, sauf quelques passages inintelligibles, — ou trop clairs.
Si j’en ai conserve quelques-uns, qui, aux yeux du lecteur scrupuleux, auraient dû disparaître également sous le style, je suis convaincu qu’il trouvera dans le reste de l’ouvrage amplement matière à excuser l’auteur et à justifier
l'éditeur.