CHAPITRE XXVI
I NF TRISTE REFLEXION.
Et dire qu’il y a tant d'irréligion dans le monde! El dire que ceux, — c’est là ce qui rend le mal irrémédiable, — qui ont le plus d’intérêt à tortiller et à soutenir ce grand, cet unique rempart de notre vie et de nos biens, nous donnent les plus éclatants exemples d’incrédulité et en deviennent les principaux fauteurs!
J’entends parler de ceux que, par un étrange abus de mots, le mondé appelle les grands. — Us engagent en effet dans la partie du vice, de l’immoralité et de l’impiété, un enjeu plus considérable que la classe moyenne, — qui heureusement forme une phalange placée entre eux et la plèbe.
Et pourtant — d’autres coquins ne sacrifient à leur intérêt temporel que leur intérêt spirituel. — Mais ces illustres particuliers, sots et coquins tout à la fois, dissipent également leur avoir temporel et spirituel. — Pauvres niais! pauvres niais! — Les hommes sont pires qu’il ne leur est utile de l’être.
en laissant même en dehors de la question l’enfer et le gibet.
Voila des pensées et des réflexions qui conviendraient parfaitement k un sermon. — Mais aujourd’hui on lit plutôt des romans que des ouvrages sérieux. — Il me faut donc user du véhicule d’instruction le plus commode, — et imiter le docteur Young, qui écrivit une comédie pour la propagation de la Bible (1). Je veillerai, pendant le temps qui me reste k vivre, k ce que mes écrits soient, sinon sermviinaires , au moins sermoni ])ro[>it>ra.
Mais en voilà assez pour l’instant sur mes sentiments et mes opinions; avançons un peu dans la série des petites aventures de ma vie vagabonde.
t • ) Le* Frères, dont le produit fut remis à U Société do propagation de La Bible à l'étranger. (Note de Sterne.)
92 LE KO R A N