HH
LE ROHAN
une lasse de thé chez Miss'CarteH 1>, était toujotùs cotée une demi-couronne.
Toute demande inconvenante, tout sujet immoral. toute proposition siirioniaque. tout appel libertin. étaient repoussés avec horreur et mépris. — Je ne tenais jws de bureau ejifuce de suint Pierre f‘2). — Jejetais au feu toutes les notes de ce genre", mais je gardais les arrhes h titre d’amendes payées par l’iniquité.
L’océan (U* vice et de folie que. je traversai pendant la période de temps (jué j'occupai cet étrange poste me révolta et dégoûta tellement, que. aussitôt que j’eus réalisé la somme d’argenUpte je devais à Le Fèvreet pavé le lover rie ma ritre. je fermai cette horrible boutique, — ■ ou, pour m’exprimer -qdus justement dans un cas pareil. — je bouchai cet égout publié.
tl) Auteur J'un reoueil de poésies et d'une traduction d’Kpie^ètè.
( \ole da Trad.) ■■
(2) Sliakspçar<\ — Othello, ncje 4. soene 2. ( XnteduTrad.)
PARTIR- h •
CHAPITIIH XX Xi H.-
l’aLI.AMKHKXT. '
* • . . > . t . fc . ♦ . . . »
„]Xos ancèti’es^dans les rangs les plus élevés de 1,1 *vic, étaient plus remarquables «pie nous en fait de bravoure et deehastcté, par cette raison qu’a cette époque les .njères allaitaient: eUeS'incmea leurs enfants. — Ils se nourrissaient ainsi des humeurs et des sucs qU’ilsapportaient avec eus en naissant, et getiouvaieùt élevés, dès leur plus tendre enfance, à l’abri du vice, de la bassesse ou de la folie.
Puisque notre race actuelle de mamans ne s’inquiète pas du sang et des humeurs d’un entant, ce qu elle prouve en le laissant allaiter par une étrangère, pourquoi s’occupe-t-eHe des parties bien moins précieuses de son être, de sa chair et de ses os y L’enfant d’une autre ferait sou afiàire aussi bien • que le sien, — et elle aurait de plus l’avantage du choix pour la beauté et pour le sexe. — Je trouve que nos ladies pourraient louer d’autres femmes pour faire des enfants à leur place, tout aussi bien que pour les nourrir.
108 LE kôràn;
Je vous le demande, ne serai t-il pàscharitable, de la part de tous les tendres maris, d’avoir soirs la main de pareilles femmes, armées de Ièurs deux seins, alin de prévenir les conséquences fatales des cancers, des lièvres de lait et autres maladies habituelles,. hélas! chez toutes les mûres dénaturées du qui ne nourrissent pas ?
Et si nés papas sont également indifférents sur ce sujet, — ce que nous porte. a croire leur négligence ou leur consentement a l’égard d’un point aussi im- ' portant,,— diles-moi,, :-c v\
« 'L'enfant d’un mendiant, hé dans One éfclioppc, ou lp (Tk
d'un 'colporteur écossais ; — un garçon élevé, à citer les botter;
issu de la population de Rrîdewell ,(J^ cht sorti d’un lupanar;
— un, rejeton, un fruit bâtard de la ra.ee en-ante des bohéjjii.ous
qui couchent dans les haies (2). » — ' . f
ne pourraient-ils pas devenir les héritiers responsables de leurs noms'et de leurs fortunes, aussi-bien ■ que ces tristes bannis dedeurs propres reins?
Un poulain jrnr sang peut, par l’alimentation, devenir une rosse. — J’èn ai fait moi-même l’expé* rience, que je recommande ici d’ajoutér au cours de philosophie expérimentale que Bacon, Boyleei Der-
jl ) Maison de correction de Londres, (Note du Trad.) "
(2) Rapsodic de Swift. (Sole de Sterne.) ' -
ham ont si justement conseillé aux adeptes de la science.
Pour ma part, j’ai grandement a me plaindre de cette scandaleuse négligènee des parents. — J’en ai souffert sévèrement moi-même. — quant a mon caractère et a mon avancement. — Car, bien que je sois un moraliste très-rigide dans mes principes, et à mille sept cent et je ne sais plus combien d’années près un chrétien primitif, — complètement armé sur tous les points cardinaux, — j’ignore cependant comment cela se fait, mais je ne me sens pas sufiisamment pourvu, contrôles femmes d’une chasteté frayile, de cette dureté vertueuse qu’il convient a la véritable piété moderne d’exprimer et d’appliquer.
Or, cette imbécillité naturelle, cette fragilité morale, ce relâchement de vertu chez moi, appelez cela comme vous voudrez, — j’avoue ma faiblesse et m’inquiète peu du nom qu’elle mérite. — je l'attribue très-philosophiquement et entièrement à la qualité du lait de ma nourrice, — qui, malheureusement pour moi, était la bonne du ministre de la paroisse — et s’appelait Dorothée.
Non, non, — l’influence de certains noms sur la destinée des enfants, a propos de laquelle mon pauvre père faisait tant de tapage, est un point, croyezmoi, qui n’a pas la moitié de l’importance de l’autre. — Si on m’avait baptisé du nom de Tristram, de
MO
LE KO R AN
Triylyph ou de Tria , cela, très-probablement, n’eut en rien influé sur le cours de mon existence. — Non, — ce fut, hélas! le lait de Dorothée qui posa des limites infranchissables a mon avancement.
Vous allez apprendre comment.