EUPHROSINE
Ah! ce n’est point à moi qu’on s’occupe de plaire: Ma sœur plus tôt que moi dut le jour à ma mère.
Si quelques beaux bergers apportent une fleur.
Je sais qu’en me l’offrant ils regardent ma sœur.
S’ils vantent les attraits dont brille mon visage,
Ils disent à ma sœur : C’est ta vivante image.
Ah ! pourquoi n’ai-je encor vu que douze moissons ! l!Iul amant ne me flatte en ses douces chansons;
Nul ne dit qu’il mourra si je suis infidèle.
Mais j’attends : l’âge vient; je sais que je suis belle; Je sais qu’on ne voit point d’attraits plus désirés Qu’un visage arrondi , de longs cheveux dorés ,
Dans une bouche étroite un double rang d’ivoire , Et sur de beaux yeux bleus une paupière noire.
IDYLLES