‹ Œuvres posthumes d'André Chénier, augmentées d'une notice historique, par m. H. de Latouche; revues, corrigées, et mises en ordreChapitre 32 sur 119 · NÉÈRE · texte numérisé non relu

NÉÈRE

Mais telle qua sa mort, pour la dernière fois.

Un beau cygne soupire, et de sa douce voix, [

De sa voix qui bientôt lui doit être ravie.

Chante, avant de partir, ses adieux à la vie :

Ainsi, les yeux remplis de langueur et de mort, Pâle, elle ouvrit sa bouche en un dernier effort.

« O vous, du Sébéthus Naïades vagabondes, «(Coupez sur môn tonabeau'Vos chevelures blondes! « Adieu, mon Clinias! moi, celle qui te plus,

« Moi, celle qui t’aimai, que tu ne verras plus!

« O Cieux, ô Terre, ô Mer, Prés, Montagnes, Rivages, « Fleurs, Bois mélodieux. Vallons, Grottes sauvages, « Kappelez-lui souvent , rappelez-Iui toujours « Néère tout son bien, Néère ses amours,

« Cette Néère, hélas! qu’il nommait sa Néère,

« Qui, pour lui criminelle, abandonna sa mère;

• Qui, pour lui fugitive, errant de lieux en lieux,

IDYLLES

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« Aux regards des humains n’osa lever les yeux !

« Oh ! soit que l’astre pur des deux frères d’Hélène • « Calme sous ton vaisseau la vague ionienne ;

R Soit qu’aux bords de Pæstum, sous ta soigneuse main, R Les roses deux fois l’an couronnent ton jardin;

U Au coucher du soleil , si ton âme attendrie R Tombe en une muette et molle rêverie,

R Alors, mon Clinias, appelle, appelle-moi!

R Je viendrai, Clinias; je volerai vers toi.

R Mon âme vagabonde à travers le feuillage R Frémira. Sur les vents ou sur quelque nuage R Tu la verras descendre; ou, du sein de la mer R S’élevant comme un songe, étinceler dans l’air;

R Et ma voix, toujours tendre et doucement plaintive , R Caresser, en fuyant, ton oreille attentive.»

I. Castor et Pollux. Les poètes ont lait.ik ces deux frères la constellation des gémeaux. {Note de l’Éditeur.)

IDYLLES

FRAGMENS

OEta, mont ennobli par cette nuit ardente.

Quand l’infidèle époux d’une épouse imprudente ’ Reçut de son amour un présent trop jaloux, Victime du Centaure* immolé par ses coups!

Il brise tes forêts; ta cime épaisse et sombre En un bûcher immense amoncèle sans nombre Les sapins résineux que son bras a ployés.

Il y porte la flamme, il monte, sous ses piés Étend du vieux lion la dépouille héroïque;

Et, l’œil au Ciel, la main sur la massue antique, Attend sa récompense et l’heure d’être un dieu. Lèvent souffle et mugit : le bûcher, tout en feu, Brille autour du héros; et la flamme rapide Porte aux palais divins l’âme du grand Alcide!

J’étais un simple enfant qu’elle était grande et belle. Elle nie souriait et m’appelait près d’elle.

Debout sur ses genoux, mon innocente main

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