‹ Œuvres posthumes d'André Chénier, augmentées d'une notice historique, par m. H. de Latouche; revues, corrigées, et mises en ordreChapitre 33 sur 119 · I . D^jauire. a. Nessus. ( Note Je l’Édit · texte numérisé non relu

I . D^jauire. a. Nessus. ( Note Je l’Édit

IDYLLES

Parcourait ses cheveux, son visage, son sein;

Et sa main quelquefois, aimable et caressante, Feignait de châtier mon enfance imprudente.

C’est devant ses amans, auprès d’elle confus.

Que la fière Beauté me caressait le plus.

Que de fois ( mais , hélas ! que sent-on à cet âge ? ) Les baisers de sa bouche ont pressé mon visage! Et lest bergers disaient, me voyant triomphant:

« O que de biens perdus! ô trop heureux enfant! n

Toujours ce souvenir m’attendrit et me touche. Quand lui-même, appliquant la flûte sur ma bouche. Riant, et m’asseyant sur lui, près de son cœur. M’appelait son rival et déjà son vainqueur.

Il façonnait ma lèvre inhabile et peu sûre A souffler une haleine harmonieuse et pure;

Et ses savantes mains, prenant mes jeunes doigts. Les levaient, les baissaient, recommençaient vingt fois. Leur enseignant ainsi, quoique faibles encore,

A fermer tour à tour les trous du buis sonore.

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