ÉLÉGIE PREMIÈRE
A. M. DE FANGE L’AINÉV
Abel, doux confident de mes jeunes mystères, Vois : Mai nous a rendu nos courses solitaires; Viens à l’ombre écouter mes nouvelles amours; Viens : tout aime au printems;et moi j’aime toujours. Tant que du sombre hiver dura le froid empire,
Tu sais si l’aquilon s’unit avec ma lyre :
Ma Muse aux durs glaçons ne livre point ses pas; Délicate, elle tremble à l’aspect des frimas,
Et près d’un pur foyer, cachée en sa retraite. Entend les vents mugir; et sa voix est muette.
Mais, sitôt que Progné ramène les oiseaux.
Dès qu’au riant murmure et des hois et des eaux Les champs ont revêtu leur rohe d’hyménée,
A scs caprices vains, sans crainte abandonnée,
Elle renaît ; sa voix a retrouvé des sons ;