‹ Œuvres posthumes d'André Chénier, augmentées d'une notice historique, par m. H. de Latouche; revues, corrigées, et mises en ordreChapitre 40 sur 119 · ÉLÉGIE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

ÉLÉGIE PREMIÈRE

A. M. DE FANGE L’AINÉV

Abel, doux confident de mes jeunes mystères, Vois : Mai nous a rendu nos courses solitaires; Viens à l’ombre écouter mes nouvelles amours; Viens : tout aime au printems;et moi j’aime toujours. Tant que du sombre hiver dura le froid empire,

Tu sais si l’aquilon s’unit avec ma lyre :

Ma Muse aux durs glaçons ne livre point ses pas; Délicate, elle tremble à l’aspect des frimas,

Et près d’un pur foyer, cachée en sa retraite. Entend les vents mugir; et sa voix est muette.

Mais, sitôt que Progné ramène les oiseaux.

Dès qu’au riant murmure et des hois et des eaux Les champs ont revêtu leur rohe d’hyménée,

A scs caprices vains, sans crainte abandonnée,

Elle renaît ; sa voix a retrouvé des sons ;

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