‹ OEuvres posthumes de Madame la Baronne de Staël-Holstein. Précédées d'une notice sur son caractère et ses écritsChapitre 175 sur 312 · TRADUIT DE GOETHE · texte numérisé non relu

TRADUIT DE GOETHE

Le fleuve s'enfle , et l'eau profonde Dans le sable a brisé ses flots.

Un pêcheur, sur les bords de l'onde, S'assied et contemple en repos

Son hameçon et sa ligne légère ,

Qui vont chercher le poisson dans les eaux Mais l'onde paisible et claire,

A ses regards toup à coup s'entr'ouvrant, Lui laisse voir la nymphe humide Qui, sur son lit frais et limpide,

Et se balance et se plaint doucement.

Elle lui parle , elle lui chante : L'esprit de l'homme est si noble et si fort ; Doit-il user d'une ruse méchante Pour attirer mes enfants à la mort?

L'air brûlant bientôt les dévore ; Laisse-les respirer encore Dans la fraîcheur et le repos.

Si tu pouvais jamais comprendre Quel calme on goûte dans les flots.

Toi-même tu voudrais descendre Au fond de mes tranquilles eaux.

Le soleil , qui charme le monde , S'est rafraîchi dans mon sein ;

Et la lune , au regard serein , Aime à s'endormir dans l'onde.

Du ciel , répété dans les eaux , L'azur brillant et limpide

Attire-t-il ton pied timide?

Veux- tu partager mon repos ?

Vois-tu l'éternelle rosée

Qui peint et réfléchit les traits ?

Viens , quitte la rive embrasée,

Les flots sont si purs et si frais !

Le fleuve s'enfle , et l'eau profonde A mouillé le pied du pêcheur; Et son cœur , attiré par l'onde, Éprouve un trouble séducteur.

Ainsi, de sa douce amie.

Il recevrait le salut enchanteur.

La nymphe et lui parle et le prie ; Bientôt le pécheur est perdu.

Soit qu'un charme secret l'enivre.

Soit que lui-même il se livre.

On ne Ta jamais revu.

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