‹ OEuvres posthumes de Madame la Baronne de Staël-Holstein. Précédées d'une notice sur son caractère et ses écritsChapitre 178 sur 312 · LA FETE DE ÏA VICTOIRE · texte numérisé non relu

LA FETE DE ÏA VICTOIRE

Sous le poids de la destinée Le grand empire a Uni.

Mais sur le front du fils d'Atrée

Quel nuage s'est répandu?

Il compte les rangs de l'armée;

Que de guerriers ont disparu!

De cette héroïque jeunesse , Qui vers le Simoïs suivit Agamemnon , Ah! combien peu, repassant l'Hellespont, Aborderont aux rives de la Grèce !

LE CHOEUR

Vous pour qui renaissent les fleurs , C'est à vous de chanter les plaisirs de la vie ;

Mais parmi vos frères vainqueurs Combien ne verront plus leur riante patrie !

Ulysse, que Pallas instruit de l'avenir, Laisse échapper ces accents prophétiques : Tous doivent-ils se réjouir En embrassant les autels domestiques ?

Peut-être les dieux des enfers Menacent-ils une éclatante vie , Et des Troyens qui brava la furie, Pourrait tomber sous des coups plus amers.

LE CHŒUR

Heureux celui dont l'épouse constante A conservé l'honneur de sa maison!

Car l'infidèle est trompeuse et méchante; Ses volages désirs égarent sa raison.

Ménélas contemple avec joie

Les charmes qu'il a reconquis, Et l'insensible Hélène , oubliant déjà Troie, Se plaît dans sa beauté, dont les Grecs sont épris. Que de maux a versés le séducteur perfide

Sur les vaincus , sur les vainqueurs ; Mais Jupiter a tourné son égide ,

Ils ont péri, les ravisseurs.

LE CHOEUR

Les dieux vengent la foi trahie , L'hôte sacrilège est puni ; Et sur celte race ennemie Le ciel s'est appesanti.

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