‹ OEuvres posthumes de Madame la Baronne de Staël-Holstein. Précédées d'une notice sur son caractère et ses écritsChapitre 190 sur 312 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

GENEVIÈVE ET SON E?sTA^"T.

GENEVIÈVE

Mon enfant, arrêtons -nous ici. Je me sens prête à m'évanouir de fatigue. Va me cueillir quelques fruits à cet arbre .que nous venons de voir.

l'enfant.

Oui, ma mère. J'y ai attaché ma biche; elle se repose sous son ombrage. Je serai de retour dans un moment.

GENEVIEVE

Je me croyais plus de force. Ah ! n'en aurai-je pas du moins tant que ma fille sera seule sur la terre !

Mais que vois-je ? un tombeau ! Est-ce un présage ? tous les objets qui s'offrent à nous ne sontils pas un langage mystérieux que les âmes pieuses peuvent seules entendre! Appuyons-nous sur ce tombeau. Je crois à la pitié des morts. Mais qu'y a-t-il d'écrit sur cette pierre 7 « Celui que cette « tombe renferme, ici même n'a pu trouver le « repos. » Ah ! l'infortuné ! c'était sans doute un grand criminel. Le remords seul poursuit encore dans le cercueil.

l'enfant, revenant.

Ah ! ma mère, je viens de voir un homme, un vieillard, je crois, car son visage ne ressemble point au tien ni au mien. Il porte une longue barbe; mais il a l'air si bon ! Il t'apporte lui-même des fruits et de l'eau. Regarde , regarde. Il vient.

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