‹ OEuvres posthumes de Madame la Baronne de Staël-Holstein. Précédées d'une notice sur son caractère et ses écritsChapitre 201 sur 312 · GENEVIÈVE, SIGEFROI, ADOLPHE · texte numérisé non relu

GENEVIÈVE, SIGEFROI, ADOLPHE

ADOLPHE

Mon père , voilà cette petite fille que je voulais vous faire voir.

Dieul

GENEVIÈVE

Sigefroi, m'est-il permis d'embrasser Adolphe... et ma fille peut-elle...

SIGEFROI

Non, non; la vue de cette enfant a ranimé la fureur que votre voix trompeuse avait suspendue. Mon fils, suivez-moi. Partons.

GENEVIÈVE

Partir sans que mon fils m'ait reconnue , sans que ma fille... Non, Sigefroi; non.

SIGEFBOI.

Laissez-moi.

GENEVIÈVE, se jetant à genoux.

Eh bien, ange de la mort, qui m'êtes apparu

cette nuit, je vous somme de vos promesses! Il

ne veut croire ni l'amour, ni mes serments ! mais

si j'expire à ses pieds, il ne doutera plus de mon

cœur. Grand Dieu ! recevez-moi dans votre sein.

{Elle s'évanouit.)

0 ciel ! ma mère, qu'avez-vous?

ADOLPHE

]\Ion père , approchons - nous de cette femme ; elle se meurt.

SIGEFBOI.

Geneviève, quelle pâleur je vois sur ton front ! Que se passait -il donc de féroce dans mon cœur, et d'oii vient que des sentiments si doux me pénètrent soudain ?

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