‹ OEuvres posthumes de Madame la Baronne de Staël-Holstein. Précédées d'une notice sur son caractère et ses écritsChapitre 215 sur 312 · LA SUNAMITE, ACTE III, SCENE II · texte numérisé non relu

LA SUNAMITE, ACTE III, SCENE II

phèle qui a prié pour sa naissance m'annoncerait sa mort! Non, c'est impossible; nul homme n'aurait le courage d'affronter la douleur d'une mère ; et toi , mon père , toi qui as tant soulagé de souffrances , tu m'aurais secourue , tu aurais sauvé ma fille; tu sais bien , toi qui lis au fond des cœurs, tu sais si le mien est fait pour survivre à ce qu'il aime.

ELISÉE

Guehazi, reconduis la Sunamite dans sa maison, soutiens ses pas chancelants, et redonne-lui quelque espérance.

GUEHAZI.

Quelque espérance ! Ah ! mon père, qu'as-tu dit !

ELISÉE

Ce que j'ignore moi-même. La solitude et le recueillement de la prière m'apprendront si je puis encore verser quelque baume sur ses blessures.

LA SUNAMITE

Allons, allons chez moi ; car ma fille m'y attend. La pauvre enfant ! elle est sans doute inquiète de mon absence! Pourquoi l'ai-je quittée? Je ne me souviens de rien, la tête me fait mal, et j'ai comme une pierre sur mon cœur. Guehazi, donne-moi ton bras; je suis si faible ! Ah ! je m'étais persuadé que ma fille était bien malade , et je sens avec joie que c'est moi qui le suis; ce que je souffre m'aura troublée. Partons.

ELISÉE

Dieu clément! Dieu des miséricordes! rends-lui sa raison , pour t'adorer et te fléchir.

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