LE CAPITAINE KERNADEC, ACTE I, SCENE
M"'" DE KERXADEC.
Mais, mon cher ami, il y a pourtant des hommes qui font autre chose.
LE CAPITAINE
Oui, il y en a des exemples, mais je n'y ai jamais rien compris.
M°" DE KEEXADEC.
Votre fille, qui n'est pas tout à fait aussi militaire que vous, voudrait épouser ce M. Derval qui l'aime et qui
LE CAPITAINE
Comment, mille bombes ! ce jeune homme tiraide comme une jeune fille, et qui fait des révérences jusqu'à terre. Jamais il ne dit un mot plus haut que l'autre ; on entendrait voler une mouche quand il parle. Je crois , Dieu me pardonne , qu'il n'a juré de sa vie. Non , de par tous les diables , je ne veux pas que ma fille épouse un homme comme cela. m°"de kebxadec.
Mais cependant si elle l'aime.' LE capitaine.
Si elle l'aime ! qu'est-ce que vous entendez par là ? il n'est pas décent à une demoiselle d'aimer. Je voudrais bien voir que ma fille s'avisât d'aimer quelqu'un !
M"" DE KEBNADEC.
Mais vous, mon époux, ne vous ai-je pas aimé? LE capitaine.
C'était tout simple, madame de Kernadec ; d'abord vous étiez plus âgée de quatre ans que votre fille.
M""" DE KERXADEC.
Plus âgée, monsieur; dites donc moins jeune ; il y a des mots que je ne puis souffrir d'entendre prononcer.
LE CAPITAINE
Ah! parbleu, j'en dirai bien d'autres. Eh bien donc ! quand vous m'avez aimé , oubliez-vous que j'avais déjà reçu trois blessures? cela explique tout. Mais une fille modeste peut-elle aimer une face blanche et rose comme ce Derval ? je vous le demande.
M""^ DE KEBNADEC.
Demandez-le à votre fille, qui vient elle-même vous parler.