‹ OEuvres posthumes de Madame la Baronne de Staël-Holstein. Précédées d'une notice sur son caractère et ses écritsChapitre 231 sur 312 · DÉBINE · texte numérisé non relu

DÉBINE

Mais es-tu fou? comment veux-tu qu'il croie....

SABOBD.

Je serai censé m'étre cassé la jambe dans une des sept campagnes que nous aurons faites ensemble, et je marcherai avec une jambe de bois.

INÉEIXE.

Fort bien; mais ces campagnes...,

SABOBD.

Je les inventerai, et pour celles-là, il faudra bien que ce soit moi qui les lui raconte; car il ne s'en souviendra pas. Je lui dirai qu'il a toujours été vainqueur; comment diable ne me croirait-il pas?

BOSALBA.

Mais, Sabord....

SABOBD.

Vous mettrez , mademoiselle , un petit bonnet qui vous donnera l'air d'avoir vingt-trois ans.

BOSALBA.

Isérine, qu'en penses-tu; c'est-il possible?

KEBIXE.

Oh que oui ! mademoiselle ; mais surtout il faut parler raison ; il faut dire que vous ne vous souciez plus de vous marier.

BOSALBA.

Et s'il allait me prendre au mot?

NÉBI>'E.

Soyez tranquille; il faut pourtant bien que tout soit changé autour de lui pour lui persuader que sept années se sont écoulées. J'ai déjà dans la têle mille ruses pour y réussir. Vous, monsieur Derval, allez mettre des moustaches, un sabre au coté,

des sourcils noirs, un parler ferme. Que ne feraiton pas pour mériter mademoiselle Rosalba? Hâtons-nous de mettre madame de Kernadec dans nos intérêts. Prions-la de se prêter à notre innocente supercherie : on a dit si souvent que l'amour faisait passer le temps ; pourquoi ne saurait-il pas escamoter sept ans en un jour? Allons, ne perdons pas un instant.

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