LES PRÉCÉDENTS , M. DE LA MORLIÈRE
LE COMTE
Monsieur, j'attends tout de votre bonté ; je croyais aimer mademoiselle votre fdle ; j'avais été justement frappé de ses brillants avantages ; mais je sens que ce sont les rapports de l'ame qui font le bonheur. Je suis devenu plus sérieux depuis mon stjour en Allemagne , et je pense comme les philosophes de ce pays , qu'il faut se marier par inclination.
M. DE LA MORLIÈRE
A la bonne heure , monsieur le comte ; vous m'avez rendu ma parole ; je me tiens pour libre , cl ma fdle aussi.
LE COMTE
Sans doute; mais ce n'est pas tout encore; il faut que vous me prêtiez votre appui pour obtenir votre adorable nièce.
Quelle nièce?
LE COMTE
Et ne la voyez-vous pas devant vous? Son aimable pudeur la rend immobile. Ah! de grâce, ne prolongez pas son embarras.
M. DE LA MORLIÈRE
]Mon adorable nièce est à vos ordres ; emportezla... Je veux dire , emmenez-la quand vous voudrez.
LE COMTE
Ah ! mademoiselle. ( // s'approche du mannequin.) Ciel ! qu'est-ce que je vois ? un mannequin ! C'est ainsi que l'on s'est joué de moi !.... Mademoiselle?
SOPHIE
Pardonnez-moi , monsieur, d'avoir voulu savoir si vous m'aimiez réellement ; c'est la crainte de ne pas vous plaire assez qui m'a suggéré cette ruse.
LE COMTE
Et vous, monsieur, à votre âge, deviez- vous consentir à ce qu'un tel piège me fut préparé.'