SÀPHO, ACTE V, SCENE VI
comme à moi ; je ne laisse sur la terre que des mourants. O terre! dont je ne reverrai plus ni les fruits ni les fleurs, jeté dérobe ma triste dépouille; un charme secret m'attire vers la mer. Je vois les vagues se soulever; il me semble qu'elles m'appellent, et qu'une puissance mystérieuse m'invite à m'y confier. Eh bien! je vous entends, divinités souterraines; l'amour, la gloire, l'air qui s'embrasait dans mon sein, tout va s'éteindre dans les ondes. 0 malheur! je te fuis : c'en est fôit.
(Elle s''élance dans la mer.)
PHAOX.
Ciel ! ô ciel ! laissez-moi me précipiter dans les flots avec elle.
ALCÉE
Tes efforts seront vains ; les dieux ont disposé de son sort; ne la cherche plus dans les ondes, tourne plutôt tes regards vers les cieux ; c'est là qu'Apollon a déjà placé sa couronne.
CLÉONE
Sapho n'est plus; c'est à Sapho que j'ai donné la mort! 0 ma mère! je me meurs. {Elle s'évanouit dans les bras de Diotime.)
ALCÉE
Adorez tous Apollon : soit qu'il dispense ou la mort ou la vie , une bienfaisante pensée préside toujours à ses décrets.
FIN DES ŒUVRtS POSTHLTttES.
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