DE ISIS
En remplissant la tâche que madame de Staël a daigné nous onfiei-, nous devons , avant tout , faire connaître dans quel ;tat nous avons trouvé le manuscrit remis à nos soins.
Madame de Staél s'était tracé, pour toutes ses composiions , une règle de travail dont elle ne s'écartait jamais. Elle icrivait d'un seul trait toute l'ébauche de l'ouvrage dont elle ivait conçu le plan , sans revenir sur ses pas, sans interrompe le cours de ses pensées , si ce n'est par les recherches que on sujet rendait nécessaires. Cette première composition ichevée, madame de Staël la transcrivait en entier de sa nain; et, sans s'occuper encore de la correction du style, ■lie modiliait l'expression de ses idées, et les classait souvent lans un ordre nouveau. Le second travail était ensuite mis u net par un secrétaii-e , et ce n'était que sur la copie , soiieut même sur les épreuves imprimées , que madame de Staël )erfectionnait les détails de la diction : plus occupée de transnettre à ses lecteurs toutes les nuances de sa pensée , toutes es émotions de son àme , que d'atteindre une correction miluliease, qu'on peut obtenir d'un travail, pour ainsi dire, nécanique.
Madame de Staél avait achevé, dès les premiers jours
e IMC, la composition de l'ouvrage que nous publions. Elle
\ail consacre une année à en revoir les deux premiers vo-
Qints, ainsi qu'une partie du troisième. Elle était revenue à
'aiis pour terminer les morceaux relatifs à des événements
t^ dont elle n'avait pas été témoin, et sur lesquels des
iunements plus précis devaient modilier quelques-unes
s opinions. Eulin les Coiisidcrations sur les principaux
• nrmenlsde la révolution française (car tel est le titre que Il iilamede Staël avait elle-même choisi) auraient paru à la '■<■ l'année dernière, si celle qui faisait notre gloire et notre I iir nous eijt été conservée.
us avons trouvé les deux premiers volumes, et plusieurs hapitres du troisième, dans l'état ou ils auraient été livrés à 'impression. D'autres chapitres étaient copiés, mais non reus par l'auteur; d'autres enfin n'étaient composés que de )remierjet; et des notes marginales, écrites ou dictées par jnadame de Staël , intUquaient les points qu'elle se proposait le développer.
Le premier sentunent, comme le premier devoir de ses enants , a été un respect religieux pour les moindres indications le sa pensée; et il est presque superflu de dire que nous ne lous sommes permis ni une addition ni même un changement, •t que l'ouvrage qu'on va Ure est parfaitement conforme au nanuscrit de madame de Staël.
Le travail des éditeurs s'est borné uniquement à la révision les épreuves , et à la correction de ces légères inexactitudes
de style qui échappent à la M:e, dans le manuscrit le plus soigné. Ce travail s'est fait sous les yeux de M. A. W. de Schlegel , dont la rare supériorité d'esprit et de savoir justifie la confiance avec laquelle madame de Staél le consultait dans tous ses travaux littéraires , autant que son honorable caractère mérite l'estime et l'amitié qu'elle n'a pas cessé d'avoir pour lui , pendant une liaison de treize années.