‹ Œuvres posthumes de RulhièreChapitre 19 sur 70 · DISCUSSION. LY · texte numérisé non relu

DISCUSSION. LY

était due à M. Levêsqoe ; et û. l'Histoire critique de la répubUc|oe romaiue n'a point obtenu cette jos^ tice , sans doute il faut s'en prendre à rinfloènce de Tauteùr lui-même , sur les délibëratioDs d'un ]ury dont il était roemfa^.

Je pense aussi que les distinctions du même genre sont dues aux deux volumes de V Histoire du Bas^ Empire, que M. Ameilhon a pitiés en i8oS et 1807 , et aux Mémoires posthumes de Manuontd sur la r^ence du duc d'Orléans. Mais le juvjr n ayant rien dit de ces ouvrages , le décret da a8 novembre 1809 vous dispense peut-étcedf lâs 001^ sidérer comme admis au concours:

Je me bomarai donc à v»us ph)poser^ Mxssixuxs:, de présenter comttie digne du prix VHisioirede Vanarehie de Pologne , et oomtne dignes de mep<r tibns honorables les ouvrages de^MML Levesque^ Sismôiidi , de Ségur el Lacretellele jeune.

Extrait du Mémoire de M. Dupont de Nemours.

C'estavec. douleur que je me vois forcé d'énqncer nne autre opinion sur le livre que le jiuy a pi:9poaé de couronner ; çt j^ mç.g^jçderaî hiçn de blâmer ^ ce sujet y ni l'habile éditeur^ » ^i la satisfaction que les tableaux auimés et rapides tracés par M.iEi^-*- Ihière ont causée à notrç respectable )ary.

Qu^nd.il s'agit.d'une.histoiresi^r laquelle on n'a aucun renseignement direct , on s'attache naturdlement aux prêipiers qui nous sont donçués ;. et .s'ils le sont sous une forme agréable , ils font upe Im-

tyi DISCUSSION.

{Pression que toutesles véritables lumières qu'on peut acquérir ensuitênedëtniisentjamaîscomplétâsienL Ce n'est qu'à l'avantage d'avoir été , dès 1771 9 intimement lié avec le chancelier de Lithuanie , comte Chreptowîcz , et peu après avec le prince Massakki , évéque de Yilna , premier sénateur de Lithuanie, d'avoir , dans l'autre parti , en les plus grands rapports avec le comte Vielhorski , ministre des confédérés en France ; d'avoir depuis été au service dé la république polonaise dans une fonc-^ tion: impoi^ante ; d'avoir été honoré d'uâe assez gf ande part à là confiance du roi Poniatowski ; d'avoir vécu à Varsovie avec tous les monbres da .gouvernement , d'y avoir obtenu la bienveillance protectrice du comte Zamo&ki , anci^i grandH:hancelier de la couronne , qu'on appelaU Vhommevertiieux de ta république , et celle du comte Ignace Potbdd ^û laborieux , si éclairé ^ dévoué jusqu'à la dernière extrémité à défendre sa patrie de la plume et de l'épée ; d'avoir été trèsspécialement attaché au prince Adam Czartoryski ; d'étiré encore 'Fami du bràve général Kosciusko , et de son fidèle compagnon , le guerrier , le poëte , le philosophé* Nïemsevvicz ; et d'avoir profité des lunàières d'un grand nombre d'autres Polonais trèsrecommandàbleS , dont la nomenclature me mehéràit trop loih : ce n'est qu'à cette réunion de cîrcohstànces que je dois , d'avoir appris avec là plus gràiidëffèrtitude combien il'Ëiut s'àbstênir de croire àM. Rulhière.

BISCUSSION. Lvn

J'avds entenda trois fois la lecture de son premier volume. Il avait donné lieu entre nous à plusieurs contestations.... Je me crois rigoureusement diiligé , au moins dans le sein de la classe , et pour coopérer à la mission qu'elle a reçue , de rendre justice le plus brièvement quHl me sera possible à la mémoire du roi Stanislas- Auguste , à son patriotismie , aux lois utiles que ses oncles et lui ont voulu donner à la Pologne^ et qui TauraieM sauvée....

C'est un inflexible ministère que celui de lliistoire , et il oblige d'observer que le jary lui'^méaie s'est notablement écarté de la vérité historique , lorsqu'il a dit que M. de Rnlhière , en servant en Pologne le système pcditique de la France , « dé^ » fendait la meilleure cause. » La prévention nationale 9 dont le principe est toujours si respectable , et dont il faut pourtant se prâerver , sur-tout lorsqu'il s'agit d^histoire , a cette fois égaré l'excel* Xfsûl jugemeni de nos collègQe&

. Lam&lleure cause n'excuserait pais laparUaUié; la meilleure cause -peot être défendue par de mauvais moyens. Mais' le livre de M. de Rulhière , tout entier , prouve que la France protégeait en Pologne VanmcUe, les abus des grandes ch^ges , le libefum veio^ la rupture 'arbitraire des diètes, l'inipoBsi- Inlitë de foire deslob el d'arriver à une constitution juste èt'iaxionnable;;.. Or , la cause de Panai^hie contre les lois ^ contre 'des ' lois irés-nécessaires , ik'était pas' , ne pouvait pas être la meilleure cause en morale.

LVUl DISCUSSION.

Et quand on pourrait séparer la politique éclairée de la morale , ce qui heureusement ne ae petit point , il faudrait ajouter que la France alors ne défendait pas la meiHeare cause , ou la plus utile en politique.

L'anarchie a seule amené le partage de la Pologne; elle la seule rendu poâsible ; tlle a seule çmpéché la Pologne d'être ou de redevenir une puissance. En fomentant et perpétuant Fanarchie , en la faisant protéger par FAutriche , la France s'^t donc rendue coiqiable du partage de la Pologne, qu'elle ne voulait cependant pas. Elle a augmenté la puissance de la Russie que , au contraire , elle voulait restreindre. Elle a mis en contact dessoavèrains que TËurope entière avait intérêt à tenir séparés par de vastes pays.

. Four empêcher une nation faible àùoX on est éifttgné, d'être influencée ou même conquise par ses voisins quand ils sont très-puissants, il n'y a aucun autre moyen que de diminuer sa faiblesse et de lui rendre de la puissance. Car, dès quVlle aura dé la puissance , elle ne voudra plus être vàr- 'fluencée, et sa volonté, à eé sujet, deviendra effi- .cace. -

- On était trop heureux que la bienveiUance de rimpératrice deRuàsie pour le roi de Cologne pnrrtât cette princesse à laisser établir en Pologne une cànstitution ré^sUèré, tenant, de la répnUiqGce et . de la monarchie , et mèoie ày coopérer.

Les pi^eea Gzartorinski ^ particulièrement le prince Michel , et leur neveu le roi

Page 1