XCVI DISCUSSION
pabfe de cet attentat ? Les cabîâeïs dé Vienne et de 'Berlin n'y avaient -ils pas participé? La coiir dé France elle-même , dont la simple attitude hostile awàit contenu* tontes les jmissénces copartageanies^ n'a-t^elle pa^, 'par sa crimirielle inertie, cohdaniné * un peuple magnanime , dont une foule de traités lui ordonnait de garantir Tindépendancei, à disparaître delà £ace de l'Europe ? Je trouve dans la belle Histoire 4^ la Diplomatie française, deux phrases qui feront connaître , !m'îeiix. que - nos observations, daas quel esprit dangereux ce livfe de Elulhière est éérît« •
• La première estti*aascrite littéralement des dépêches olficielles^ivôyées en 1769 parle cabinet de Versailles ail marquis de Panlmy, ambassa*dëur de France en Pologne.
• (( L'anarchie contient aux intérêts de la France, » et tonte là politique à Tégard dé ce npyàiiine cknt » se'réduire aujourd'hui à lâmaintenir.* Histoire de la Diplomatie française^ tora»e 5, piiiG^.
' Lors du premier partage en ij'j^^ le- comte de Mi^rey, ambassadeur de Vîemxe ; à : :1« :co«r de France ^ reprocha au ; duc d' Aigmllon , . successeor du duc de Choiseul, la déclaration, faite par -ce nwttsti^à Tenvôy é .de[ Btrlin V Sandoz., que //? cour [de, FersaHles .verrait a^eciind^fécence idiét e4 ffui se passeraU en Pologne. Même' ouvrage ,
', Peut-être , atÉ resté, qu'après Téclat qu'a fait le rapport du jury, il serait de votre sag^se de ne j^
briser timt «d'ttn coup son idole. J!enHrevois un nuafyetk fins 4ioivx d^ai-river sans secousse 9u ènt qu'^on ATOiis ^ropoite. iJJln4frcfHe\de Pologne a été évi4emf¥ieiyi oomposée avant *Ie 3o îau^Mier 17919 époque de ki mort de ^Rulhière , c'est-à-dire près de iix a<ns aj^rafiit l'époqo^ décennale : il.me semble que, sans «^^caifter de ^la lettre. du déorat, on pourrait mettre^ce Itvite hors du concours. Mais:}e n'éfnels ici qo^un doute que tf^ m'ônopresse de sou* mettre à vos lumières. ... «
E aurait ées Hé/kxions de 'M.^deRa^neicU,
Je VMS€onmeMne;à la classe 'les dbtervat tons que j'ai Ëiites'sor V ttisiom \de i^Jihnrékie ck Poiegae^ ma monvetit même on cet ouvrage /a paru. .J;ai voulu, dès lors^anfflyserponr«nioi seul une producltoti'i]ui a peur objet undesév.én€Hfnent$Jes plusremaniables du^x-lKiîlième «siècle, etx^mne m'a été élrao^er à aucune de-ses époqnes. Aimsi , mon opinion sor 4e 'fond de r<>uvrage est ântécranre , nonsevfletaietft^an Tii|ip(yt éa jury, mats aussi au dernier décret concernant les prix décennaux : elle est donc pea*faitemânt ^indépendante 'dé cloute espèce d'iiifiifence. ....
Mon pnemver soin a été de chercher un plan où tout fôt coordonné. J'ai cherché ensuite les grands acteurs qui devaient être sur la scène : enfin j'ai t^verché le fil de la politique et de la conduite de ces même^ aetecii^.
XCVni DISCUSSION.
Mais, je dois Favouer, je n'ai découvert d'autre plan que celui de présenter Fimpératrice de Russie sous les couleurs les plus tranchantes En revanche j'ai vu beaucoup d'acteurs secondaires artiste-* ment encadrés et enluminés, et dont les faits et gestes ne sont en quelque sorte que des épisodes. Tels sont les Pulawski , un 2iaremba , un Kossakowski , etc. — Mokranowski est un des héros de Rulhière. — Sans contredit ce général montra un courage digne d'un vrai patriote a la diète , où les sabres formèrent une voûte au-dessus de sa tête pour la garantir. Mais , pour bien apprécier son patriotisme , son dévouement pour la cause de sa patrie, il eût fallu suivre sa conduite après 1768 , époque véritable de la guerre civile ; mais l'auteur n'auraii plus pu montrer qu'un homme dont la marche était fort équivoque : elle était du moins jugée telle, non-seulement à Versailles, mais aussi par les Polonais patriotes. Il avait des rapports secrets avec le ministère français; il était le confident du comte Branicki , grand-général de la couronne: on le sou4)çonnait d'intelligence avec Stanislas- Au* guste.
Mais je crois devoir borner ici les détails sur les individus , parce qu'ils deviendraient trop voliimiuj$|]x..«.. Je vais donc passer à l'examen du corps même de. l'ouvrage.
L'événement que M. de Rulhière a entrepris d'écrire,, offre quatre* époques prîiicipales bifencaractérîsées. La première, commence à ri{iterrègqe
mSCl3SS10N. XCIX
qai saîvit la mort d'Auguste III , jusqu'à l'élection et la reconnaissance de StanIslas*Âuguste ; la seconde s'étend depuis cette reconnaissance jusqu'à l'affaire des dissidents ; la troisième comprend la guerre civile provoquée par les privilèges accordés à ceux-ci , jusqu'au premier partage ; la quatrième enfin comprend les événements qui se sont succédés depuis ce partage jusqu^au troisième , qui fit disparaître le royaume de Pologne. — Telle aurait dû être , à ce qu'il me semble , la charpente de l'ouvrage de M. de Rulhière.
Ce premier fondement posé , l'auteur aurait dû exposer au grand jour les puissances qui jouaient les principaux rôles. Telles étaient, i^ la Russie et Stanislas-Auguste; 2° la Prusse; 3<> la France; 4® la «cour de Vienne; 5« celle de Dresde; 6° la Porte ottomane; y^' les confédérés et leurs adhérents. . . .
Je vais maintenant jeter un coup-d'œil sur la matière même des quatre époques que j'ai indiquées.
Première époque. — Après la mort d'Auguste III ( octobre 1763 ), on se. proposait ,> en France comme en Autriche , de porter à la couronne le fiis aîné de ce prince , devenu électeur ;,et.ron était persuadé de l'assentiment de la Russie. M^âs Chn^^ tian mourut en décembre de la même année , ne. laissant pour successeur qu'un prince de qu^orze. ans ( c'est le roi de Saxe actuel ) ; son âge empêcha . de le présenter comme candidat , .et on conseilla h son oncle ,1e prince Xavier yxonjausocis le, jQ»pi%4^<
C WSCUSSION.
cottite dé Lu^ce , de se iVfettte sur les raûgs , mais on se boi^^'à hiî com!ilier lés suffrage;^ dte pa^^tis de la ï^fance , qtiiS l'étitlls à ceùiïC de te Sa^e^ , fôir^ maieàt un parti c^oft^idëréblè. MUaië léâ'Gzaîrto¥^ski, pbtit rahëàûtn- , aydlettf sôMîcîW Fapprôchfe dés trôtkpès n)SS^ : elles' Vitti^nt ôtéi!lpéi* Varsovîè , et c'est sôtts de teh atispkés' qtie se* fit l^^éleiîtîôn .
L'i^r^gûferiré , àtt plntl» te'Vîbfelîotfc dé TéMépëtidàhce (SÔlôi^aîse était manifesté : niafs déj^ùis long-temps la Polognle était eij^Mée et dëâf scèhes aussi outrageantes ; depuis long-^feAi'pi lèlf él^éctidns se faisaient sbus rinfluence armée de la' Ràssie. C'était là le fôchétix rééulfat dé la' lr«-^*î^use constifufîort dfe la Polo^e. La naïîàn-', éorh'hie corps politique , a t6ti}o*iirs été fàîM^ , désafmée , divisée V à la merci de ses voisins, et s^àhieiHie jiHr leur ihValîté. Aînsf Cathêi^îne H n'a faît que suWrè une Tôiitë^ ifise€é pSiféeS pii^ëdécesseurs; — Et vdilà ce qtt'on peint ^ointhé lé comble du deipbtiiifie: Je me borne à observer qu'un prince n'est dénoté qu'à FégaYd de sfes pro^pres snîets. -^ t/é^ Ati^rais exèrtèî^nt-îls un acte de dèspoiisi^é en Ffaitibè ,lôfs<jfi'ils'4ônii*rè!n[t des? siecours au* prbtestîttffs:
Mâi)j én'fin Péléètîoti , qnoiqtre iiàcRi^atètiTetîtr nùtléf , ittti à éarnè dé la pei^scmné de PbflîattfV^i , qui éfàît élîé*Me , maïs a càtisè dé là v^î61dtîofa des fôrittès ; Vél^ctteù ,: «i-jë , fut stieéésàî^remènt rècoïïtrtïé pal^ lèsPôWnfeffi c?<^pî<]^ les puis^aticè^ ëtfangères : fci F^ani^è cefcfvoyji le màrqiiîs dé Conflahs pour cortfplîrnfeàïér Stfrfiiiilas - Aùgtiste , et litle
Di^qu^sio^. CI
peç^D^ie de . cpafiaiiçe , vei^s ,^ . <;paite ]Qrdqickî , jirdoflrgép^r^l 4e la,cpprppne ,,pj0^r,i;ei\g^(çr^ la réconciliation :içe.n?qgQ3t^lait,)^f;ilu*frfmjd}i(rpi , et cbçf dp p«|i:U.$^xqn , ;^pqRel {1 av^^t joiift.Jie sien, qui.^t§ît,cppsijJ^r^l>ïe.,— ypîlàfle ter,u),e ijie la ,prçmîère. ^poi|ae.
Seçor^ffejppffue. — J^e ca)rne ,;v^i {np{>s ;^]^pareot ,.^^^^f)ll6(]^e v^s 1 7€8..I^s di^4wt^,,^YQJr» les Qrççs:i|on ,upis., çt .çurrtoqt les p^ptç^t^iji^^, ;^ant> }epr tête up çorute de^GpJtz , a^içptraniiiié.tputfls leurs îat^giiçs; et,, A^,arçs,/^e,}a,Caye^ dîi rpi de Frusse , îls:trQUvèr^fitJe,xnpyen,4e^J^^re ^ppijyer jjeur ^aa^.aa |iOfn de la ](V^ssJ,e.;IlS}Obtmi;:ei)t pppr-sçi|)^ipei|t une eqtière. liberté de conscience , mais aussi la capacité de posséder des starp$U«s et.dfs dîgpît^s^à r^(al,des.cathp)î<faes ; et ce^^UVét^hJe^plus iq:|pprt4nt,, çe^fut la garantie del^ ;R|i$sie. — X'^t )à le^ppint sur lequel JVI.jJe il^lbiçre aqr^U dû fixer .ipute. sa capacité çt toute l'âttçntipn . du Jectçpt ; • c;>r , c'fst cetr^^je «jùi fcaraclériisa Vintei^tion dctGaUierine^I ^e.tenirla PoLçgpe dws.sa d^çqdapce exclu^ye ,,.à Tpnibre d'pn^pïétewdUracte con^tHja^ipnnel. ,
XrQmème^ fPPffue. — C'e^t, cçt as?eçvjj5sw?eMt qpî fit ç^fin, éclata le , mécpntejitç»e»t d.'ja.qe fiatioii généreu$ç,^ui,îus,9ierlà a\:;^ît cppipricpé son re^entiniej[)t,,,et.dJ^i|Xiulé.M vive in^pr^^pUc^qi^e lui faisait la position humiliante dans laquelle, elle^^e
tcouv^ii. JL'exa^pérati^p ,jprodji^ît d>bprjd, Jia ppnfédéD^tjpp 4e ^P^rr , , et» «nçc^i yement ^ p^j^ieu^s
cil DISCUSSION.
autres confédérations partielles et isolées , enfin la confédération générale de la conroTjne et da grandduché de Lithuanie. — Cette confédération eut tous les caractères de la légalité , et fut organisée conformément à la constitution ; et c^est à cette même époque que la France , qui jusque-là avait entretenu auprès des confédérés à Epériès des agents sans caractère public , savoir , MM. de Ghâteaufort et Dumourier , accrédita auprès du conseil général , établi à Teschen , en juillet 1771 , le baron de Vîoménil avec caractère public , et qu'elle admit de même le comte Vielhôrski de la part de la confédération. En passant à Vienne , Vioménil reçut tous" les honneurs dus au caractère dont il était revêtu.
Certes tous ces faits méritaient bien d'être développés , tant sous le point de vue de droit que )50us celui de la politique. Cet examen eût été d'autant plus intéressant et même nécessaire , que c'était là la condition préliminaire mise à l'appui de la France et de la cour de Vienne. La seconde était la déclaration de la vacance du trône , autre question qui certainement méritait bien d'être développée , et qui offrait à nôtre historiographe une belle occa- . sion de faire briller ses connaissances politiques. — La guerre de la part des Turcs entrait aussi essentiellement dans les plans des deux cours ; et elle eut lieu.
Quatrième époque. -^Maîs le partage inattendu delà Pologne déconcerta tous les calculs du cabinet
DISCUSSION. cm
de Versailles , parce que la cour de Vienne , non^ seulement changea de système , mais elle força aussi la généralité du conseil delà confédération de se retirer d9 Teschen. Les confédérés se réfugièrent à Braunaù en Bavière , où ils expirèrent avec leur patrie.
La cour de Vienne avait tenu celle de Versailles dans la plus parfaite sécurité , tandis qu'elle négociait secrètement avec ses deux copartageânts ; et le ministère français ne fut détrompé qu'au moment où tout était arrangé.
M. de Rulhière avait , à Fégard de cette quatrième époque , un champ bien vaste pour donner carrière à son génie politique comme aux connaissances qu'il avait sans doute acquises par Tétude du droit des gens et de la diplomatie. Mais il s'est dispensé de la parcourir. Ce n'était assurément pas par prudence ,'par ménagement pour le ministère français; car celui-ci était compromis , et , conmie de raison , excessivement blessé de la dissimulation du cabinet devienne. D'ailleurs^ le duc d'Aiguillon^ à peine arrivé au ministère , n'avait aucun nffotif de ménagement pour ses deux prédécesseurs , MM. de Choiseul et de Praslin, ses ennemis. D'un autre côté , il faut observer que c'est sous le ministère de M. de Vergennesque Bulhièreaécrit; et ce ministre n'avait aucun iatérêt à pallier les fautes vrai^ ou supposées commises avant lui.' M. de Choiseul Tavait fait rappeler <)e l'ambassade de Constantinnople , et M. d'Aiguillon l'avait fait nommer à