DISCUSSION. CVII
Réponse de M. Daunou aux obseivaiions de MM. Dupont (de Nemours)^ Les^esque^ deLisle de Saies ^ et de Rayne^al,
Messieurs,
Les observations qui vous ont etë présentées , dans votre dernière séance , contre VHistoire de l'anarchie de' Pologne^ m'ont paru tendre à prouver, 1° que les récits ne sont pas vrais; 7,^ que les jugements sur les personnes sont injustes; 3<» que les opinions sur les choses sont erronées. On a joint à ces trois reproches des réflexions critiques sur le style et même sur le caractère personnel de l'auteur. Je vais , en suivant cet ordre , essayer de répondre, le plus brièvement qu'il me sera possible, à ces diverses observations, du moins à celles que j'ai pu recueillir en les écoutant. Je serai forcé d'en négliger quelques-u^es que je crains de n'avoir point assçz bien comprises ; mais qui , d'ailleurs , n'ihté* ressent aucunement le fond de l'ouvrage, parce qu'elles, se réduiraient à montrer que l'auteur a commis deux ou trois erreurs tout-à-fait étrangères à l'histoire des troubles de la Pologne.
On vous a dit. que Rulhière ignorait à tel point l'histpire.des Polonais , qu'il regardait leur gouver* neinent comme féodal; mais l'on est obligé de convenir que cette erreur n'est point dans son livre ; elle y. est mécae expressément réfutée, aux pages lo, II, i2,i3et i4du:prfniîer volume. Qu'il l'ait soute-
nue autrefois dans des conversations particulières ^ que vous impiMle , quand ^^ous n^avez à')ttger qu^on ouvrage îmiprimé? |1 -s'ensiaîvnaît ^seillenfient qnll savait profiter des bonscoiiBe^Is, ^ même de^^ux qull avait le tort de recevoir sans recopoaissance.
On ajoute qu'il n'a pas su que V Anarchie de Po^ lognt létatt amtérienre au despotisffiie exercé sur ce royaiaialie par la cour de ftiissie. 'Si i'cm veat'paffler des ûatsti^oAiions anarciikjDes , i-l «st tîntaiii iqne -ce 9irice remonte au mi^ins à ilétslUîssemeot du Ltbe^ rum. wirto ea xGGç-; «t c'est anasi à cette époque <fae Ruèinèise fixe rorigine de «e «qu'il apfKllelftfi-iinénie ^p;^e 42« iûme I^)>iioe anarchie singfdim. Mais s'îlâ!agit des accès ^ despvogrès, des redotlblenaeats decette6èi^re poditiqne, fl est indubitable qti^ils ont été proiioqnés dapuis 1 7 1 7 , enocveiplne depuis 1 7 33, et avec ame violeiioe«^iié«ne depms 1762 , par la tyrannie tdn .cabinet de tPëtersbouFg.
iWttiièvetracontequ'iin aventmi^r ftdlien ,010111nné FarnicH , qui^habitait^a nKtison'Oà naquit ^Pefriatqwski , vpnédit que «ôt «niiiik'âeviefBdrait foi. On fait deux 'obsePvatiotiS'Stir'Ce redit; tl n-'est pas croyable, il «n'est pas digne de rHisfoîre.Clotttreia vérité du fait, ^^tijai entendu -alléguer quie sa singidafirité ; il ne^p^rsfît pasquil ait'ëté^démenti par «ueitfi :kéitieSgnage*piiblic4f{t aflthentique;'<!t comme il n^eitt point >de nature à êtf« eonststté par des'actes, î'oseral^emandeF potirquifi 'Rulbière d'await pas dàfrecueillirles'tradition^ qtii «nmppo^t^ieat^toûtes lesicitoonétancts. fie j^i'e de^^oniâtowèki edtrele-
DISCDSSIOK. CIX
n»if chez lai l'akMfmste Ftfi^iea ^ qnl était, atissi astroic^e : est^l impassible que le domestique complaisant d'uii seigfneur très^vain et très-erédole ait prédit qile le §th d'un sénateirr polofiais serait un jour é\n monarque? Beaucoup de feits du même gedre ont obtenu place dam toutes les histoires, sans être mieux attestés que celui là ; et ils n'étaient pas indignes d'y ii(|;ur'ér , parce qu'ils dévoilent les trairefsde l'esprit humain , ef quelquefois aussi parce qu'ils Contribuent à expliquer de g^àtids événenients.
Rulhière ne nie pottit la noblesse de t^Oniatowski , puisqu'il dît qu'elle n'était pas très-aticieiliie ; et , pour le contredire sur ce point , il faudrait, ce me sembfe , trouver au roi Stsitlislâs- Auguste des ancêtres plus lointains ei plus illiisf ires. It ésl Ici parlé de soA père qui (àt page d'ùtt Siàpii^ , et dé sbn grand-père' qni fut é&ollorà^ dirnis l'utie dé^ tel*res de eetté maisbn. Si la généalogie réi^èùte pîus àrvaut , il n'y a qu'à la prtsdmre. Je safs ^ué , daAs ith Mémoire historique eh faveilr de Stanislas- Auguste , M. Komarzemki déclare que la noblesse de ce prince était fort ^nëi^nâe ; mais j'ignbre pourquoi tette assertion , donnée dé tèiftè preuve , et même d<^ tout ^lâit*cissem¥»it ^ àuirait ici plus de poidè qiie les détail» donna; jp»r Rulhière. Je sais en'cote que , ^ns im HWè anohymé, jptiMîé en 1774 ^f ïes troubles dé la Pologne , il èSt dît que deptiis six cents ans*, là familte PonîàWwski fut toujours maintenue dans^nUTang t'rès-^îilîngué; mâîs jede-
ex biscussioî^.
manderai si Texagëration même d'une ieUe opinion^ qui n'est d'ailleurs appuyée sur aucun témoignage, n'en affaiblit pas beaucoup Tautorilë. Je dois pourtant dire que, dans VOrbis Polonus de Simon Okolski , où sont rasseniblées en 3 volumes in-fôUo des notices généalogiques 5or toutes les farariBes polonaises , antiqua sarmaiorum geniUitia , on découvre , tome III , page 1 35 , trois lignes qui concernent les Poniatowski , et qui mentionnent d'abord un chanoine de ce nom , enterré à Gnesne en 1 55o , puis Adam et Mathias qui souscrivirent l'élection d'Uladisl^s en i632. Le généalogiste Okolski n'en sait pas davantage Piv l'antiquité de cette maison et sur le rang distingué dans lequel elle s'est, depuis six cents ans, maintenue. Il a soin de remarquer l'ancienneté, Topulence, l'illustration de plusieurs autres familles : Familia antiqua , bene possessionatQ^ bello ; litieris^ meritis , judiciis clara; tnjà\s aucune de ces épithètes n'allonge l'article des Poniatowski. J'ajouterai , pour prévenir une objection , que le premier tome de l'ouvrage , imprimé à Cracovie , en 1 64 1 , est dédié à ce même roi dont l'élection fut souscrite par Malhias et par Adam , et qu'à la tête de la dédicace ^ ccHume dans l'article Poniatowski , et dans le très-grand nombre d'articles où il s'agit de soqscriptions pajceilles , ce monarque est toujours app^eléle quatrième de son, nom. Ce n'.est plus aujourd'hui notre manière de compter les Udalislas rois de Pologne ; mais c'est bien certainement celle de Sinaon Okplski , et l'U-