‹ Œuvres posthumes de Sénecé;Chapitre 22 sur 93 · RÉPONSE AU BILLET PRÉCÉDENT · texte numérisé non relu

RÉPONSE AU BILLET PRÉCÉDENT

oit dit sans se mettre en comTOiq^^ Votre jalousie est charmante , Qui Tient se présenter à nous Avec des airs de prétendante*

Nos esprits seroient bien bornés Si chez nous on lui donnoit place ; Et lui fermer la porte au nez Est le moindre a&ont qu'on lui fasse.

Que Mre d'tLn enfant gâté , Qui se plaint^ qui se désespère^ Tremblant, soupçonneux,. dépité.

Et qui n'a ni père ni mère.

Vous avez beau vanter son sang Dans Yotre écrit plein de magie; Très-suspecte, à vous parler franc.

Je tiens sa généalogie.

Si de réchauffer ce glaçon La pitié me donnoit envie.

J'en contracterois un frisson Qui dmreroit toute ma vie.

De môme, ou Virgile nous ment , La pauvre Élise, trop crédule.

S'empoisonna cruellement En caressant le faux Iule.

ËPITRES. 169

Votis n*ignorez pas qn'en ces lieiii,. ^

Où la faite n'est pas pennise^ "

On craint les maux contagieux Pins qu'à Marseille on qu'à Venise.

Dois-je donc alarmer les cœnrs D'une famille désolée.

Et dans le troupeau de mes sœurs Introduire la clavelée ?

Reprenez cet enfwt grondem:

Dont }6 n'entends point le langage; S'il atteint sa juste grandeur^ Il nous fera quelque ravage.

Du mal que j'en ai soupçonné^ Son air fait foi comme ses œuvres.

Il est jaune^ il est décharné^ Et mange déjà des couleuvres.

En tous cas, si vous ne pouviez .En prendre le soin nécessaire.

Une place aux Enfants-Trouvés Ne seroit pas mal son afïaire.

Pour prendre un ton plus sérieux , Tous ceux dont ramitié m'oblige^ Ne me sont point si précieux Qu'ils fassent que je vous néglige.

Acantlie, un ami tel que vous Avec gloire augmente leur nombre»

Et, si vous en êtes jaloux,.

Vous êtes jaloux de votre ombre.

t^o ËPITRES.

Mais revenons à ce chagrin Dont vous me contestez l'usage.

Hélas ! quel ciel est si serein Qu'il n'ait (jaeltpiefois son nnage !

Le chagrin nâ pour embronclier Les esprits simples et crédules , Ck>mme un traître aime à se cacher Dans rohscurité des cellules.

Que d'ennuis à nos Mens mêlés f Que d'heureux moments ils nous volent f Bagatelles^ si vous voulez, Ces bagatelles nous désolent.

Briser un tronc majestueux Est une difficile chose Au vent le plus impétueux.

Un zéphyr défeuOle une rose.

Nous admirons la fermeté Des &mes assez généreufies Pour garder la tran<inillîlé Dans les tempêtes amoupsuBes.

Nous rendons faornsiage wûl pourolr D'une constance pm conuBunis^ Qui supporté sanB s'émowdir Les ouragan» 4k la fortune.

Nous trouvons <|u'on doit à genoux Honorer les vertus infuses De ceux qui, comme Ovide et vo«s^ Dans l'exU cultivent les muses.

Êpitbes. 171

A l'abri des réflexions^

Quand nous nous croyons bien gardées^

Grâce aux humaine» passions^

Un rien dérange nos idées.

Dans llionune on se doit offenser Des moindres marques de foihlesse; A notre sexe on peut passer Quelçnxe peu de délicatesse.

Lorsque les vents dans leurs combats Nous enveloppent de poussière, La main ne s'en aperçoit pas , L'œil en pleure et perd la lumière.

Chagrin, tu brises de ton choc Et la houlette et la couronne; Contre toi le voile ou le froc N'ont jamais protégé personne.

Oublions, Acantbe^ oublions Ces chagrins dont je suis lassée.

Quand j'en aurois des millions , Vos vers en purgent ma pensée.

Si du vôtre ^ un jour^ par ses soins , Votre Mécène vous exempte.

Soyez sûr que j'aurai de moins Un des plus forts que je ressente.

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