‹ Œuvres posthumes de Sénecé;Chapitre 33 sur 93 · MAIS · texte numérisé non relu

MAIS

Cruelle, est-ce pour m'accabler ' ' !

Que vous me tenez ce langage? ^

Depuis quand mon lâche courage Conçoit-il des périls qui le fassent trembler? Âh ! tirez des enfers les ^ants de la terre ,

Croissez leur troupe de moitié,

Et^ sans le secours du tonnerre^ Mettez-moi seul des dieux pour soutenir leur guerre; Vous verrez si je cherche à vous faire pitié. Mais^ hélas ! contre vous ai-je quelque défense?* * Mon triste cœur gémit en quittant vos appas;

Il bravé l'horreur des combats ,

11 cède à l'horreur de l'absence, ^ A

Et j'attcndrois tranquillement

DES DlBUl. ait

L'effort dn revers le plus rude^ Si votre cœnr en ce moment, Pour le sort dn guerrier exempt d'inquiétude « Plaignoit le destin de l'amant.

VÊKUS.

modèle parfait d'une rare constance !

Qui ne vous plaindroit pas auroit le cœur bien dur.

Vous qu'un excès d*amour si fidçle^ si pur,

Met aux abois pour une absence.

Quand je ne lirois pas au fond de votre cœur. Vos chers guerriers françois me le feroient connoltre; Toujours du courtisan le procédé flatteur

Le fit ardent imitateur

De tous les défauts de son maître.

Qu'un cavalier françois se rende à son devoir» On ne peut l'arracber d'auprès de sa maîtresse. Larmes^ emportements^ blasphèmes, désespoir,

Rien ne suffit à sa tendresse; Quand la nuit disparoît^ il croit avoir rêvé; L'aurore en vain du jour vient ouvrir les barrières ,

Vainement le soleil levé Ofitusque ses regards de brillantes lumières^

Son adieu n'est point achevé ,

Et ses chevaux sur le pavé

Attendent quatre heures entières.

On ravertit enfin d'éviter le fraoas,

J^la confidente fidèle

Le' ^rant vingt fois par le bras»

Demi-mort on le met en selle.

Qui ne croiroit dans peu. voir sons un tel eimui

Succomber sa force abattue ?

A peine a-t-il tourné le premier coin de rue Que son léger amour s'est échappé de lui

L'entretien d*un ami qui' badine on qui diante

Le fait rougir de ses douleurs, Et les rifi enroués de ses perfides pleurs

Prennent la place «ncor fumante.

Si de quelques faveurs on s'est à lui fié , La première beauté les emporte d'emblée; Portraits, bagnes, bûtets, tout est «acrifié

Au premier quartier d'efssembiée.

Il croit qa'un long éloignement

Met à couvert sa perfide ,

Tout prêt, BU premier mouvemciit.

D'aller jouer ailleurs la 'même comédie.

Tout prêt à prodiguer, en léger papillon, A cent diverses fleurs le baiser le plus teiiflre,

Et porter aux- dames de Fiante

Les dépouilles du Housslllon.

Voilà de vos héros la sincère conduite; Ce sont làTOS leçons : ils les pratiquent tous; Par là de votre ardeur je me croîs trop instnâte ,

Par eux mon cœur juge de vous.

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