‹ Œuvres posthumes de Sénecé;Chapitre 41 sur 93 · A M. LE COMTE DE LA GUICHE SITI6M0N · texte numérisé non relu

A M. LE COMTE DE LA GUICHE SITI6M0N

eigneurs du Sautoir Noir dans un champ de

[Sinople, Ces Croisés dont l'effort soumit Constantinople, Ce superbe escadron de Normands aguerris, Qui conipit la province où règne Phalaris; Ce corps de Mammelus^ heureux autant que braves. Qui fit trembler le Nil sous un sénat d'esclaves Ces taillants Espagnols dont le fer usurpa L'état de Montézume et d'Attabalippa ; Ces fameux chevaliers qui firent par le monde Voler le nom d'Arthus et de la table ronde.

Le vieux Perceforêts, l'amoureux Amadis, Astolphe, à qui saint Jean montra le Paradis; Ces pairs dont les romans outrés et ridicules 1 Au lieu d'admirateurs ont fait dés incrédules;

Bref, tout ce que l'histoire ou la fable ont chanté Cherche chambre à louer, errant et rebuté.

Les vigoureux fourriers de Tauguste mémoire Ont effacé leur craie au temple de la gloire. Et les appartements des héros surannés Sont marqués pour loger les nobles nouveaux-néi.

Déjà la renommée aux vieux noms dévouée.

De les chanter sans cesse étoit tout enrouée; Mars, étourdi du bruit que dans sa bouche font Tavannes, Mont-Revel, La Guiche, Beaufremont, . Le redoutable Mars, dont souvent l'injustice Dispense les lauriers au gré de son caprice.

Et qui, prompt à détruire un dessein qu'il a fait.

a34 Satires.

Aime la nouveauté comme François qu'il est, Ce dieu d'un œil sévère en maître la regarde : — N'as-tu rien de nouveau, déesse babillarde,

Et prétends-tu pouvoir à l'avenir De tes- contes usés toujours m'entretenir?

A la fin fatigué de ta monotonie.

Je te ferai chasser avec ignominie, Comme un pauvre vielleur, guidé par son garçon, Qui sur son instrument ne sait qu'une chanson.

Alors la Renommée, interdite, tremblante^ Abaisse la trompette et la met sous sa msmte» Fait humble révérence^ et la rougeur au front^ A récho qui s'en rit va conter son affront.

Semblable aux violons qui dans l'hôtellerie Vont chercher du secours contre la gueuserie ; Sitôt que sur l'archet leurs doigts appesantis Ont préludé Feutrée ou le sommeil d'Atys, Soit que les voyageurs craignent leur discordance Ou veuillent de Tétrenne épargner la dépense, La fille au bavolet qui les sert à souper Va dire aux concertants qu'ils peuvent décamper, Et, bien qu'avec regret, à la triste musique Annonce en soupirant cet ordre despotique; La brigade s'écoule, et le plus apparent Se couvre de sa basse et sort en murmurant.

La Fortune accourut, et de cette infamie Par un beau stratagème affranchit son amie; Car vous n'ignorez pas quels solides traités Unissent d'intérêts ces deux divinités.

Tiens, ma sœur, lui dit-elle en ouvrant une bourse. J'ai pitié de ta peine, et voici la ressource; Contemple de cet or Féclat majestueux :

Par lui braves nouveaux et nouveaux vertueux Forçant à t'écouter le Dieu qui te rejette.

Satirks. a35

De nouvelle harmome enfleront ta trompette.

La vertu, la valeur, par nn trop long détour Mettent pour qui les suit le mérite en son jour; C'est une mer à boire, et les maisons illustres Sont par ce vieux chemin l'ouvrage de cent lustres; Mais l'or, pour les mortels le plus grand des bonheurs, Est ce qu'on peut nommer Tabrégé des honneurs. Tu vas voir : — A ces mots elle habille un fantôme Des couleurs que chacun respecte en ce royaume» Son chapeau de castor d'or ducat est bordé.

Chargé d'un plumet blanc et d'audaces bridé; Son justaucorps d*azur est bordé d'écarlate, Chamarré de galons sur la manche et la patte; Son sabre argent doré passe l'aune de long.

Le pommeau frotte au coude et le bout au talon; Sa démarche est superbe et des moins naturelles^ Et ses pas du pavé tirent des étincelles.

Déguisé sous l'habit d'nn vieux consul romain, L'orgueil pompeusement le conduit par la main; Chamades de tambours, fanfares de trompettes Font mettre à la fenêtre et courtauds et grîsettes; Sur un drapeau volant, en lettres d'or écrits, On lit ces mots : Noblesse à vendie à juste prix.

Ainsi ce capitaine au temps de sa recrue Au jeune laboureur fait quitter sa charrue, Étalant à ses yeux un valet aposté, Orné d*une fontange et d'un habit prêté.

Le matois à sa dupe en moins d'une campagne Promet tout le Pérou qui coule dans l'Espagne, Lui fait boire bouteille, et veut qu'au régiment Il attende le prix de son enrôlement; Prix qui jamais ne vient. Alors dans son village Le rustre enfontangé va montrer son courage Et, plus ivre d'espoir que de jus de raisins.

s36 Satires.

Massacre impunément les poules des voisins.

Dans la place où Torgaeil promenoit sa figure \

Deux fripons d'écoliers passoient par aventure.

Qui d'un bouchon voisin, pour n'être fustigés,

Yenoient de retirer leurs livres engagés.

Le spectacle les frappe, et sans autre mystère

Ils jettent dans un puits Pajot et Despautère, '

Et courant hors d'haleine au logis paternel

Font de la mascarade un récit solennel.

Le père en son comptoir examinoit son livre, Et s'estimoit réduit à ne pouvoir plus vivre, D'autant que son commerce, ingrat et languissant, . N'avoit au mois passé produit que dix pour cent. Ses fils, à contre-temps, dans l'ardeur qui les presse, L'invitent d'acheter des lettres de noblesse. L'usurier en courroux le prend sur le haut ton. Les traite de coqnins et saisit im bâton; L'épargne famélique et le travail sordide S'emparent du vieillard, le tirent par la bride Et lui font rejeter la proposition Gomme un piège du diable, une tentation.

Mais sa chère moitié, qui, plus ambitieuse , Voit avec d'autres yeux cette offre captieuse. Jetant au cou du sot ses deux bras décharnés : « Quoi, dit-elle, mon fils, vous nous abandonnez ! . Ck)ntente% vos enfants, dont la guerrière audace. Vrai portrait de la v6tre, éclate sur leur face. Relevez leurs talents, qu'on ne ][yeut trop payer, : Par le briUaut vernis du titre d'écuyer.

Songez-vous aux honneurs qui me rendront si fière Quand je prendra le pas sur une conseillère, Quand mon petit laquais , jusqu'aux pieds des autels Me portera la robe en nos jours solennels ; Y pensez-vous, mon fils ? » Aux charmes de son style

Satires. aS?

L'épota hoche la tête et démettre immohile; Ainsi que la toupie aux yeux d'un écolier Tourne sur son pivot et semhle sommeiller Jusqu'à ce que Tenfant^ qui la suit dans Tallée, De nouveaux coups de fouet lui lâche une volée.

Mathnrine recharge : — Eh hien^ si ces raisons Ke font pas déguerpir l'argent de vos prisons, Souvenez-vous qu'enfin deux cents écus de tailles Que les impositeurs vous tirent des entrailles Méritent hien, sans doute^ à tout considérer. Que vous fassiez effort pour vous en libérer, Et ces soldats pouilleux dont la troupe arrogante Vient empester mes draps et tàter ma servante, Qui pourroient quelque jour hriser le coffre-fort. Qui voudroit s'en défaire auroit-il si grand tort ? Ce dernier argument lui parut sans réplique : ' Il s'ébranle, on le presse, on le pousse , on le pique. Trois larmes de commande et deux baisers baveux Élèvent la bourgeoise au comble de ses vœux.

Alors Robin soupire, et tirant de sa caisse Trois cent trente louis de la nouvelle espèce. Les baise, les remet, les tire une autre fois. Le couvercle retombe et lui froisse les doigts ; liais bien qu'épouvanté de ce sinistre augure, Il reprend du courage et poursuit l'aventure. Il court chez le traitant, son sac sous le manteau. Qui le compte deux fois et rit sous son chapeau. Dans un grand parchemin, scellé de cire jaune. Accouche un beau détail des exploits du vieux Faune; On dit que sa valeur hors de comparaison A fait de ce beau titre honorer sa maison; Qu'autrefois son aïeul reçut à La Rochelle Une contusion trois doigts sous la mamelle; Que lui-qième à Senef ijtai miracle échappé.

s38 Satires.

Boita d'un coup de pied par un ronssin f rap|)é , Enfin tout ce que l'art fournit de fariboles A qui veut échanger son or pour des paroles.

Tout fier de sa pancarte, il retourne au logis^ Où sans enchantement d'Organde ou de Maugi^^ . Il Yoit ses deux Robins^ transformés par leur 0Qère> Au chapeau le plumet, au côté la rapière.

Qui marchent sur les pas du fantôme enchanté, Qu'avoit dame Fortune à ses yeux. pcéseiUé.

Les enfants du quartier, piqués de j^ousid, D*ôtre hrayes comme eux entrent en fantaiâie^ Lagrange le fermier, Ormont le sous-tsaù^tai^, . Du sang de la Bourgogne encor tout.jdé^oiUtai^ty Gaulard le receveur et Griffon le uotaixâ, - Rapinet Tépicier, Fleurant Tapothicaire, Le changeur Rognolet, Piyaud le procureur.

Tous pour les parchemins ont la même fureur ; Le prurit se dilate, et la France s'admira De voir tant de noblesse illustrer son eapire^ A peine en ses États on trouve un rotoriar.

S'il n*est pas mendiant, manœuvre (^ ^^axui^V.. D'Antîbe à Saint-Quentin, de Bayoone ii Greopbld, n n'est chétif mercier qui ne veuille éti^. pMa^ Ainsi quand le bélier qui conduit un troupeau, Après avoir bôlé va se jeter dans l'eau, Le reste qui le suit, la tète la première S*y plonge à son exemple et passe la liviâie.

La Fortune applaudit à son inventioa,* La déesse à cent voix sous sa protection.

Fait revue et trouvant ses troupes bien con^l^s. Retourne au dieu de Thrace anaoncer des ^mfMs. Bhodope s'en étonne, et craint que ses guecxieis Soient g^s à dégrader ses fexéts en lasuiers* Cest assez sur ce ton^ notre nuise biiac^e

SaTI&ES. a39

Pétille dépasser du bémol au hàoaxBê, Et, coiniue rArioste au Roland fiirieHX, Veut mêler le comique avec le sérieux.

Grand roi, si le hasard fait^ contre mon altentfty Tomber entre vos mains oeUe ièuille volaaie.

Détournez de ma tète un soupçon d'attentat.

Et ne me traitez point en criminel d'État.

Parmi yos bons sujets nul autre n'est peut-être Plus zélé, plus jaloux de l'honneur de son makre; Nul autre plus que moi n'admire une valeur Qui s'accroît dans l'orage et contraste au mAllitur. .Alngi Tarbre courbé par une main rustiqaie Bamasse les ressorts de sa masse élastiqiiG Et jetant loin de lui son lutteur tout froissé^ Kelève jusqu'aux cieux son sommet abaissé.

Je n'ai point prétendu par des vers téméraires De YOtre politique attaquer les mystères; Je sais que dans les cas où tous tous rencontrez, ' Les sentiers qu'elle suit tous ont été montrés. Pour chasser Tennemi qui ravageoit ses c6teSj Fière comme elle étoit^ Sparte arma bien ses flottes; Dans ses besoins pressants, le dictateur romain A Tesclaye affranchi le feu mit à la main.

et même de nos jours l'orgueiUeuse Venise S^est fait de sa noblesse un fonds de marchandise; Je sais qu'un corps d'armée est un monstre affamé Qu'on forme par le ventre, ou qu'il est mal formé. Et qu'à Tavidité qui ronge ses entrailles Les revenus courants ne sont que feux de pailles. Des biens de vos sujets, sans les indemniser. Par un ordre absolu vous pouvez disposer.

Un noble équivalent qui passe leur attente Excite à son devoir leur vertu languissante.

Par le raffinement de votre amour exquis.

Vous échangez des foads qui vous étoieut acquis^

a4o Satires.

Un vke par vos soins supplante un autre Yice, Et l'orgueil dans leur cœui fait taire Tayarice.

Mais, me dira quelqu'un des plus civilisés.

Quel est doQc^ s'il tous plait^ le but où vous visez ? Je prétends faire voir à la foule importune De ces nobles nouveaux^ jouets de la fortune» Qu'ils seront méprisés malgré leurs parchemins, Si l'honneur ne les aide à faire leur chemin. Et si de leurs vertus le secours favorable Ne fût briller au jour son éclat respectable; Je prétends leur montrer, s'ils font les insolents. Qu'ils doivent ce qu'ils sont à nos jours turbulents. Et que sans nos malheurs qui les ont mis en place. Ils seroient, comme moi, morts dans leur vieille crasse.

Un jour certain baudet, dans un bois à l'écart. De la pean d'un lion qu'il trouva par hasard A voit si bien masqué son encolure grise Que le plus fin renard tomboit dans la méprise. Le taureau, le cheval, de frayeur éperdu, S'écartoit du chemin de son roi prétendu.

Baudet rioit sous cape en les regardant faire , Quand, par malheur pour lui, baudet se prit à braire; Trop connu par les champs, son cri le démasqua. Sur lui chacun revint et chacun s'en moqua.

Et l'assommant de coups, la troupe impitoyable Laissa le roi postiche étendu sur le sable.

Veux-tu que j'applaudisse à ton honneur subit. Noble ? Change de mœurs quand tu changes d'habit; Sois juste, sois modeste; au bien de la patrie Immole, s'il le faut, sang, fortune, industrie. Des ordres de ton roi fidèle exécuteur, Remplis tous tes devoirs sans faste, sans hauteur. De ces rares talents te sens-tu quelque dose ? Bon, je te reconnois pour un noble à. la rose; J'abaisse devant toi mon rang moins élevé.

ik«Éi

SATtueg. 941

Et cèd6> avec '^kamt I0 deesu» di» pa¥é< Mais si ce grand dessein d^elnetev la nobleBse Est du pur iAt^èt la eriaa^ félblesse; S'il tend âk 7ej0ler sur le pei^ple affligé Et taille et logements dont tu te sens chapgé; Si toujours att profit ton hoaneur se mesure^ Si tu ne peiH (fiûtter le eommei^ et l!u0tii« , Si tu veus tenjouf s braire;^ et sur le même ton , Va, tu n'es qu'un baudet fonné peur le bâton.

Mais tout beau, ma satire^ et de voire impsudenoè Prévoyez rinftiîllibte et tri^e conséquence.

Un prétendu bon mot qu'il vous plaît d'basardev Ponnait bien quelque jour vous iaire lapider. On sait qu'un empereur pour de tek vaudevilles Envoyant Juvénal paitre les crocodiles, Lorsqu'à quatre-v^ttgts ans il le fit cotoael. Masqua d'un fauiE honneur un affront soleane). Régnier ainsi que vous poreno^t toute l^ence : La plame fit rerreur, son dos la pénitenoe; Et deux auteurs fameux, pour quelques mécltantavers^ Faillirent d'éprouver la canne de Neverft.

On ,peu de correctif adouciroit la chose.

C'est bien dit, ma raison^ vous voulez une glose^ La voici : Je connois dans le nombre effréné De ce peuple annobli pour l'or qu'il a donné Des hommes distingués par un rare mérite^ Braves oomme César, chastes comme Hipfpolyte^ Discrets comme Nestor, subtils comme Platon^ Plus justes que Minos, plus fermes que Caton. Que voulez-vous eucor ? J'en sais tel dans ce nonrf>re Qu'un talent iocomm laissoit sécher dans Tombre, Qui;. si chez le ministre il avoit iréquenté, Eût obtenu gratis cet honneur acbtté.

Le détour vous plaît-il, ma Ueioe ? — Oui, je confesse

%i% Satires.

Qae c*est d'un manvais pas sortir avec adresse; ^

Ghacnn peut s'appliquer cette restriction

Et croire qae c'est loi qui fait l'exception.

Ainsi lorsqu'on buTeur, les coudes sur la tabte» . ,

Se plaint entre deux Tins de quelque objet aimable^

Gronde contre le sexe et conclut l'entretien

Soutenant qu'il n^est plus qu'une f enune de bien

Que la pudeur gouyerne et que l'honneur retienne, ...

Un sot rit dans sa barbe et croit que c'est la sienne. ' '^

Redoutable escadron fraîchement anobli, -s

Quels secours tu promets à l'État aifoibli! . .^^\

Quels héros, quels géants^ Trais enfants de la terre, '^ Qui jusques dans les cieux pourront porter la guerre! . Celui qui connott tout sait ce qu'il en sera. Mais de l'éTénement réponde qui pourra!

L'ennemi de César, le grand, l'heureux Pompée, Se faisant, comme on dit, tout blanc de son épée. Se Tantoit que du pied frappant tous les sillons, Il en feroit sortir de nombreux batûllons.

En effet il frappa : les bataillons sortirent, Biais aux champs de Pharsale on sait trop ce qu'ils firent, Et sur ce foible appui dont il s'étoit flatté, Le chef perdit le jour. Borne la liberté.

Grand roi, ressource unique au mal qui nous oppresse. Appuyez TOtre espoir sur la Tieille noblesse ; Son courage au berceau prit soin de l'aguerrir. Et sait comme il faut vaincre ou comme il faut mourir.

Peut-être que bientôt la paix tant désirée Des nouTcaux anoblis Tiendra faire curée; Peut-être leur orgueil se Terra débusqué Du rang qu'à si bas prix il avoit extorqué; RcTiens, charmante paix, approche, et nous délivre De ces deux mille écus et des deux sols pour liTre.

Satires. 24I

RÉFI^XIONS SUR hk TAXE DES TRAITANTS.

Stances libres.

ous ne vous trompez pas^ espérances conçues D'une charmante paix : [haits

Déjà nous apprenons qu'au gré de nos sou- Louis fait rendre gorge aux publiques sang- . En vain ce grand législateur, [sues.

Pour rendre à ses États une sage abonciance,

De son peuple dissipateur Avoit par ses é^ts modéré la dépense ; Si son attention sur les gens de finance

N'eût par un retour sérieux De tant d'exactions dévoilé les mystères.

On eût vu tous les jours un luxe ingénieux .£}uder ses lois somptuaires.

Déjà les magasins de glaces épuisés A leurs appartements ne suffisoient qu'à peine. La Chine et le Japon manquoient de porcelaine, Et dans leur antichambre on voyoit méprisé Le coloris lombard et la teinte romaine.

Téniers et lés Flamands occupoient le haut bou

Leur manière sèche et petite

Se faisoit admirer partout.

Et par un fastueux dégoût Le prix insolemment contrastoit au mérite.

Quand le vainqueur industrieux De la puissante Babylone

s44 Satires.

S'onyrit avec le fer le chemin de son tr6ne, L'Euphrate suspendit ses progrès glorieux.

De ses flots mutinés Tamas prodigieux Ralentit quelque temps l'aile de la Yictoiie ;

Mais actif et laborieux Cyrus d'un trait illustre ennoblit son histoire :

11 divisa la masse de ces eaux Dont TEuphrate à sa gloire opposoit ses barrières. Et fit en peu de jours, par d'immenses travaux,

De la plus fière des rivières

Un nombre immense de ruisseaux.

Louis, dont les exploits serviront de matière

A l'imitation des héros à venir,

Ne dédaignez pas la lumière Qu'à vos justes projets l'exemple peut fournir. Un torrent furieux, formé par les rapines.

Par les vents de l'orgueil chaque jour grossissant. Menace en pleine paix votre État florissant.

Prêt à l'ensevelir sous ses vastes ruines.

Percez de cent canaux ses flancs audacieux,

Et que sa masse divisée

D'une salutaire rosée Humecte abondamment les plus arides lieux.

Si l'effbrt menaçant d'une guerre étrangèi-e

A pu par d'inflexibles lois

Contraindre le meilleur des rois D'exiger des secours plus grands qu'à l'ordinaire. On n'a point murmuré contre un mal nécessaire; Mais qui pouvoit souffrir que la concussion.

Par sa cruelle extension

De Tordre le plus supportable.

D'une manière impitoyable

Chargeât sur notre affliction?

•MBâUiiaHBaalMitf

Satires. 345

Rentrez dans le trésor, dépouilles des provinces:

Le plus équitable des princes A vous restituer force vos ravisseurs.

De vos exactions recevez le supplice,

Inexorables oppresseurs; Nous croyons qu'on nous rend les biens dont la justice

Prive d'indignes possesseurs.

Nous ne verrons donc plus dans la reine des villes Les traitants s'applaudir d'un bien si mal gagné, Ni de leurs chars dorés les fêtes inciviles Ranger contre les murs le guerrier indigné.

De leurs maisons enjolivas.

Leurs femmes rentreront dans quelque vif ux taudif ,

Et reprendront la serge et le cadis Où leurs parents obscurs les avoient élevées. Elles n'oseront plus, à l'abri d'un portier.

Faire révolter en cachette

Les coquettes de leur quartier

Contre Tédit de la basseite.

roi digne d*être adoré.

Contre les vices déclaré, Louis, entretenez une immortelle guerre.

Puissent nos destins fortunés Ne vous demander à la terre Qu'ils ne soient tous exterminés.

Page 1