‹ Œuvres posthumes de Sénecé;Chapitre 5 sur 93 · DE BAN43EAU · texte numérisé non relu

DE BAN43EAU

e plus sage des ims, du jardin de la France Commet la syméteie à QOtee Yigila&ce.

L'auteur du feu divin si Inrùlaut et si pur^ Sur votre illustre âaoc pend au cordon d'ftanr. Aiiasi fort d'un seul bras qu'Hercule des épaales^ Au ciel de la beauté vous soutenez les pûtes. Et Tastre <|«ii ]^ide à vos prospérités^ Mêle à l'éclat du sang oelui des di^ilés.

Cet amas de grandeurs et de ti^s c&^es Ne peut de TaTenir éluder les tendres, Marquis; le temps, jaloux du destin le plus beau, En obscurcit Uorgneil dans la nuit du tombeau. Qui donc saura, dût-il en gagner la migraine. Qui fut, sous Dagobert, gouverneur de Touraine? Guerriers à Tastre d*or, du toI Jeau si cbââs. Avec le vieux Froissard vos noms s'en vont pourris. Et votre siècle ignare, aux vêpres du dimanche. Quel aeigueur par la main menoit la reine l^anche.

Adore qui voudra ces honneurs fugitifs :

Pour nous » que le bon sens rend plus spéculatifs, A la seule vertu déférant notre hommage, Nous respectons en vous son excellent ouvrage. Nous respectons en vous un sage courtisan.

D'un bonheur sans éclipse admirable artisan ; Un esprit cultivé, qu'égale un cœur sublime Où contraste le tendre avec le magnanime; Un goût du vrai mérite ardemment amoureux ; Une main toujours prête à tendre aux malheureux;

90 ÉPITRBS.

Un don de probité peu fréquent où tous êtes; Un modeste mépris des grâces que tous faites, £t mille autres talents qu'il me seroit plus dottX> ^ Dangeau, d'exagérer à tout autre qu'à vous.

Sur ces sujets pompeux quand ma plume s'exerce^

Avec les immortels je me crois en commerce^

Et mon âme extatique espère, â chaque traita

Des yertus que je peins contracter le portrait.

Que de temps j'ai perdu^ que de mots, que de Ugnes!

Que d'encens prodigué pour des sujets indignes ,

Où mon œil^ ébloui du jour qui le frappoit,

Mesuroit le mérite au rang qu'on occupoit !

J*adorois le veau d'or en bon israélite ;

Vous m'avez redressé : le ciel vers vous m'acquitte.

Ainsi , de son jarret exerçant la roideur.

Un brac encor bouillant de sa première ardeur, Pille sur une taupe ou pousse une hirondelle^ En dépit du chasseur dont la voix le rappelle. Mais quand l'âge et le soin l'ont rendu créance, Il suit son vrai gibier après l'avoir lancée Sans change^ sans défaut ^ dût-il courre une lieue , Et pour les oisillons pas un seul coup de queue.

Mais j'entends ma raison qui se met sur les rangs :

N'espérons plus, dit-elle ^ â la faveur des grands;

Par un trait de chimie entre eux accoutumée^

L'or de la bonne foi se résout en fumée ^

Et leur art sait réduire au fond de ses creusets

Des quintaux de promesse en des onces d'effets.

Oui,, tout tardif qu'il est, Tavis seroit passable.

Si d'aspirer à rien j'étois encor capable;

Mais de ce faux espoir que mon cœur a nourri.

ÉPITRBS. 91

La sage expérience à la fin m'a gnéri.

J'ai compris qu'aisément le souvenir s'efface Des services rendus par qui n'est plus en place : J'ai fait "passe à la cour pour un vieux mot usé; Je fais, qui le supplante, est seul favorisé.

£t quel essai nouveau peut me rester à faire ? Irai-je dans un camp^ dragon sexagénaire^ Suraimé grenadier, à la honte de Mars, Croître au Jour d'un combat la foule des fuyards? Me verra-t-on , instruit dans la magistrature^ Sur l'espoir déploré de Tétude future,. ^ Novice décrépit de l'ordre de Thémis, Au mépris du palais livrer mes cheveux gris?

Sur la bourse d'àutrui , s'il veut m'en être large^ Dois-je à la cour traiter d'une nouvelle charge , Et d'emprunts sur emprunts chargeant mon capital, Réduire ma famille an pain de Fhôpital ?

Non, non, qui du naufrage a subi la disgrâce^ D'une mer qui lui rit craint jusqu'à la bonace^ Et, dégouttant des flots du perfide élément^ Sur l'autel de Neptune il pend son vêtement.

Ce n'est pas sans sujet si je vous fais entendre Qu'aux grâces^ qu'aux emplois je renonce à prétendre ; Je suis assez instruit qu'un compliment rimé A tout l'air chez les grands d'un poison paitfumé, Et qu'on y craint souvent qu'une muse indiscrète Ne porte à son héros quelque botte secrète.

Jupiter, dont la ruse inventa tant de tours Pour condidre à bon port ses volages amours.

Sans doute sur les bords de l'onde chevaline Sous la forme d'un gueux suborna Mnémosyne; Cette métamorphose , au tix)upeau des neuf sœurs^

9» ËPIT&ES.

Du père putatif dut inspirer les mœurs.

D'où vient qu'au grand mépris de leurs chansons savantes

On ne trouve en tous lieax que muses mendiantes?

La mienne à demander rarement s'avilit.

Et par là je conclus qu'elle est d'un autre lit. Elle sent ses besoins peut-être autant qu'un autre. Et connoît quel crédit et quel cœur est le vôtre. Mais, Seigneur, «es désirs savent se retrancher A l'honneur de vous suivre et de vous approcher; D'aucttne ambition mon âme n'est tentée Que d'aller jusqu'à vous en nouveau Prométhée, Et du céleste feu dont vous étincelez, Remporter en fuyant quelques rayons volés.

Si les vents jusque là daignent enfler mes voiles , Je crefe toucher du doigt la voûte des étoiles.

Pour pimir un dessein follement entrepris.

Vous pouvez m'attacber au rocher du m^ris; Vous ponvez^ par i'anèt d'une juste vengeance. Me livrer anx vautours de voire todiffârence. Et mettre mim épUre aa vilain caJûnet Où Molière candamne un malheureux sonnet.

Mais j'ai d'une nuance affoibli ma vergogne; Et si je dois rougir de mon zèle indiscret.

C'est rougir un peu moins que rougir en secret.

Ce roi qui le premier mit les rois hors de page.

Un jour, à ce qu'on dit, reçut certain message

Portant que les Génois, perverse nation,

A se donner à lui prenoient dévotion ;

Lors par une saillie à mon goût agréable;

a Et moi, je vous apprends que je les donne au diable. »

Repart le 60» Louis. Ce fut un msdtre roi.

Vous ferez bien, marquis, d'en dire autant de moi.

iPITTtBS.

A MADAM'S

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