‹ Œuvres posthumes de Sénecé;Chapitre 6 sur 93 · LA DU€H£&SE VE I90A1LI.B · texte numérisé non relu

LA DU€H£&SE VE I90A1LI.B

près ^nze ans d'absence ééplorahle , Prêt de paroître à votre aspect charmant, J'avois Tôvé, Dochesse ineomparaîîle.

Ce me sembknt, un joli comfflimeni.

Je dis rêvé» car gens dont le Pennesse Dans ses détours va l'esprit embrouâlant, Sont grands, rèvenr s, surtout quand la vieillesse De leur génie émousse le brillant.

J'estimois donc que j'allois me répamdre En beaux discours pour vous féliciter De tous les biens qu'au monde on peut prétendre, Qu'à peine ailleurs le ciel fait dégoutter, Et que sur vous il fait pleuvoir à verse.

Par ce béros je devrois débuter.

Qui de Minerve ennoblit le commerce.

Tandis que Mars cesse de tempêter; Qui, dans la paix, du beau sang des Noailles Par sa prudence illustra les talents , Comme il faisoit en forçant des muxailles Durant la guerre aux climats catalans.

Héros partout, et qui toujours soupire D'aussi bon cœur qu'au jour du sacrement , Pour vos appas : bnroisnie, à vrai dire, Dont grands seigneurs se piquent raremeùt.

De votre fait sont preuves authentiques

T. Françoise d'Aubigné, mari^ le i» avril i6gë à Âdrieu Manrice , duc d'Ayen, duc de l^oailles , après la mort d'Anne- Jules son père, arrivée le a octobre 1709

94 ÉPITBE8.

Les chen enfants que Ton voit fonnniller Dans ce palais où les arts magniiques Tons à l'enyi s'efforcent de briller; Enfants si beanx, qu'à, bon droit s'en étonne Dame nature^ encor qu'aux plus grands frais Elle ait fourni. La jalouse Latone N'ose des siens faire étalage auprès.

Bien je conviens qu'ils vous foai de la peine A mettre au jour : iU naissent tout armés; Le poids est lourd : témoin le capitaine Dont le prodige est des plus renommés, Qai^ commençant au premier de ses lustres, Par un emploi des premiers de l'Etat ^, A ce début, de ces aïeux illustres Promet atteindre ou surpasser l'éclat.

Encor Toulois vous parler de la chaîne D'un jeune objet qu'on ne peut trop yanter, Déjà chargé de la croix de Lorraine *, Fardeau pourtant assez doux à porter.

C'est à peu près ce que je croyois dire En répétant à part moi ma leçon ^ Quand ces attraits qu'en vous la cour admire. De perroquet me rendirent pcHsson :

Moi qui de vous n'arois vu que l'enfance.

De votre éclat je fus tout étourdi.

Oh ! dis-je alors^ que grande est la distance De ton lever^ soleU, à. ton midi !

I. Louis de NoaUles, duc d'Ayen, né le ai arril 1713, fut ponrru le a février 1718 de la BiuTivaiice de la cbarge de capitaine des gardes qn'avoit son père , du gouvernement de Ronssillon et de la capitainerie de Saint-Germain-en-Laye.

a. Françoise Adélaïde de NoaiUes, née en 1704 , mariée le i» mai 17 17 k Cbarles de Lorraine, comte d* Armagnac, grandécuyer de France.

ÉPITBES. 96

Sotte pudeur me coupa la parole ;

Rusticité par la gorge me prit :

Homme j'entrois, je ressortis idole;

Tel l'aperçut qui sous cape en sourit:

Au grand besoin me manqua l'éloquence.

Coup de soleil pour moi fut coup fatal;

A peine sais si fis la révérence ,

Ou si la fis, à coup sûr la fis mal.

Moins sais-je encor si pitié vous en eûtes;

De vos bontés je le présume ainsi.

Toujours souvient à Robin de ses flûtes^

Dit le proverbe; il m'en souvient aussi.

Dans ce désordre, où d'une voix tremblante

Je demandai votre protection

Près de l'époux dont l'étoile puissante

Peut influer sur ma prétention;

Entériner parûtes ma requête;

Deux ou trois mots, un regard obligeant.

Tout en étoit, et certain coup de tète.

Dont n'aurois pris cent marcs de bon argent.

Mais si pourtant votre prudence exquise

Craint de ma part desseins ambitieux.

Voici le fait, et si je le déguise.

Bannissez-moi pour jamais de vos yeux.

Je ne prétends, pour prix de mes services,

Ni pension, ni cbarges, ni brevets.

Acquits patents, emplois ni bénéfices :

Un peu d'honneur bornera tous mes souhaits.

Sans s'appauvrir en aucune manière,

D'un tel bienfait le roi peut trafiquer.

Et la noblesse est comme la lumière,

Que l'on augmente à la communiquer.

Mon premier vobu est d'obtenir la grâce

Que je poursuis^ mais si, pour mon tourment.

Va beao néant doit eu remplir la place, Faites do moins qae ce soii promplement; Ce me sera sans doute allégement, Et prompt refus adoucit li disgrâce.

PITRES

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