LE PASSE
Oui, votre âme longtemps froissée Aux murs sinistres du réel.
En vain sous la nuit amassée Cherche là-haut Tazur d*un ciel.
Si votre siècle vous repousse, .
Ami, qu'importe, vous avez L'illusion sereine et douce Des beaux progrès toujours rêvés.
Votre idéal s'est, par avance.
Allé loger dans l'avenir; Vous vivez heureux d'espérance, Et moi je vis de souvenir.
Les futurs n'ont plus de mirages Où s'envolent mes rôves d'or.
Mais c'est du côté des vieux âges Que mon rêve prend son essor.
Vers les clartés évanouies
Des printemps pour jamais éteinls,
Vers les roses épanouies
Au souffle des anciens matins.
mystère qu'un songe prête AuK horizons perdus là-bas.
Fait de tout ce que Ton regrette De tout ce que Ton ne sait pas ;
Eden entrevu qui recules, Voile fin d'exquises pâleurs, Mensonges amis, crépuscules, Qui transfigurez les laideurs,
Dans vos lointains où lout s'efface Mon œil contemple un jour plus pur, Et, noyés par les flots d'espace, Les vieu^ monts gris semblent d'azur.