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NOCTURNE

Viens dans la nuit, la nuit est bonne, Un clair sourire emplit les cieuxt Nous ne rencontrerons personne Au village silencieux.

Les étoiles nous sont amies, Le souffle harmonieux et doux Des solitudes endormies Versera des baisers sur nous.

Viens, laissons Tombre familière Nous conter encore et toujours Comment s'ouvrit la fleur première, La fleur de nos jeunes amours,

Car voici l'heure de tendresse Où tu montas ingénument, Belle de nuit enchanteresse, Sous les lys d'or du firmament.

Mystères des soirs, clartés blanches, Brume exquise éparse dans Tair, Tristes yeuses dont les branches Découpent en noir le ciel clair;

Oh ! dites, rumeurs étouffées.

Frémissement du bois lointain, Esprits des invisibles fées Qui courent sur les fleurs de thym ;

Dis-nous, chère voix monotone, L'histoire de ces deux enfants Qui dansaient par la nuit d'automne Dans une aire au milieu des champs.

Close d'un mur et toute ronde ; C'est là qu'en juillet les grands chars Versent à flots la moisson blonde Sous l'essaim des oiseaux pillards.

Mais à présent l'aire déserte N'était qu'à nous deux; et voici Que nous dansions dans l'herbe verte Qui germe encore au sol durci.

Le vent nous jetait au visage Un parfum tendre où se mêlait L'ardeur de la menthe sauvage  la gaieté du serpolet ;

Et l'ombre était si lumineuse, Que je regardais au travers.

Briller une étoile joyeuse, Et calme dans tes grands yeux pers.

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