PRINCIPES ET PROCEDES DE GOIJ VERNEMENT. LA DÉFIANCE ET LA PEUR
Les peuples qui sacrifient leur liberté à leur sécurité , n'ont ni liberté ni sécurité , et méritent de perdre Tune et l'autre.
Franklin.
Sexagénaire , je regarde en arrière , cherchant sur le chemin que j'ai parcouru et recueillant ceux de mes souvenirs qui se rattachent à l'état politique du pays. Ils sont bien moins nombreux que mes souvenirs militaires, par la raison que j'ai servi pendant quarante ans avec passion sous le drapeau, qu'au contraire j'ai toujours eu pour la politique beaucoup d'éloignement et peu de respect. Mais ils no sont pas moins précis, et j'en fais ici la synthèse.
Dans mon enfance et ma première jeunesse, — au temps de la Restauration, — la masse de la population des provinces françaises que dominaient les souvenirs récents de la grande révolution, de vingt ans de guerre et de trois invasions, avait soif de paix.
Elle avait la paix; mais sa sécurité, troublée par les agi-
talions des partis, — bien que dans cet heureux temps il n'y en eût guère que deux en présence, — n'était que relative. Le gouvernement et tous les journaux conservateurs d'alors entretenaient le pays dans le souci permanent de la révolution et des sociétés secrètes, prêtes au renversement de V ordre social, du trône et de l'autel. Il appelait incessamment, — redoublant d'efforts à l'approche des élections, — les conservateurs à la rescousse pour la défense de ces grands intérêts et pour leur propre défense contre les trames des carbonari, qui opéraient de concert avec les bonapartistes.
On n'imagine pas aujourd'hui quelle place avaient ces carbonari dans les préoccupations du pouvoir et de ses agents, dans les préoccupations du public, dans les conversations du foyer.
On était suspect de carbonarisme quand on n'avait pas l'image du roi dans son salon , ou quand on avait sur sa table un tome de Paul- Louis Courier, et qu'on inclinait au libéralisme.
On était convaincu de carbonarisme quand on échangeait des rapports avec les hommes de l'opposition, encore plus quand on était de l'opposition. Enfin, pour caractériser le grand péril social et politique , on citait les noms d'hommes considérables, M. Barthe, M. Mérilhou, etc., libéraux qu'on disait affiliés aux sociétés secrètes.
Je rappelle en passant que, conformément à l'invariable évolution des choses françaises, ces mômes hommes, devenus peu après ministres sous la monarchie de Juillet, se virent àprement poursuivis par la nouvelle opposition à titre de conservateurs réactionnaires.
Au temps du gouvernement du roi Louis- Philippe, gouvernement tourmenté dix ans par la sédition et par les
attentats, le même principe et les mêmes procédés de gouvernement ne pouvaient manquer d'avoir cours. Ils eurent des développements nouveaux, ingénieux, et pendant que l'Étal gagnait par ses faveurs la majorité du corps électoral censitaire, il en effrayait la minorité, avec l'ensemble de la population, par ses déclarations de péril public.
Les discours des ministres, des députés conservateurs, des candidats bien pensants , des fonctionnaires , mettaient incessamment en lumière les menaces dont V hydre de l'anarchie et les éternels ennemis de l'ordre, successeurs des carbonari disparus, entouraient l'Etat et la société.
Le deuxième empire légitima son criminel avènement devant les scrupules des moralistes, protégea ses commencements, et gouverna dix-huit ans par le spectre rouge, auxiliaire principal et complément du système de largesses auquel il dut tant d'adhérents.
L'aspect du spectre rouge , bruyamment évoqué par un livre célèbre, terrifiait les esprits de la bourgeoisie française, et faisait briller l'auréole de l'empire sauveur. En même temps qu'il apportait la sécurité intérieure, il affirmait la paix extérieure, il décorait, il médaillait, il offrait la richesse, et n'omettait pas de faire au spectre rouge, dans la coulisse gouvernementale, de bienveillantes avances.
La république a son spectre particulier, le spectre du cléricalisme et de la réaction prêts à rejeter la société moderne dans les flammes de l'inquisition et dans les cachots de la Bastille. La France peut être assurée que si les républicains arrivent au pouvoir après M. Thiers et le maréchal de Mac-Mahon, elle aura à compter avec ce spectre-là1.
1 J'écrivais cotte provision on 1 875. Los décrets d'expulsion , de laïcisation et le reste y ont, depuis, pleinement répondu.
En attendant, le gouvernement du maréchal, comme celui de M. Thiers, évoque son spectre, qui est par surcroît entouré des fantômes réellement affreux de la Commune et de Paris incendié. Il est sûr que la Commune a commis assez de crimes pour être, dans le système que je décris, l'argument de dix gouvernements conservateurs qui voudraient agir sur l'imagination publique et rallier à eux les esprits incertains. Mais est-il nécessaire, pour gouverner une grande nation, de rappeler incessamment à une si imposante collection de braves gens les forfaits d'un si petit groupe de bandits ?
De cet exposé sommaire des impressions politiques de toute ma vie, il résulte qu'en France la défiance et la peur sont l'habituel souci des gouvernants, que la propagande de la défiance et de la peur est leur habituel moyen d'attirer à eux les gouvernés. Si on y joint les moyens auxiliaires que j'ai déjà définis (les décorations, les emplois, les congratulations , etc. ) , on constate que , dans notre pays , les procédés spéciaux de la direction politique intérieure se réduisent à deux : Effrayer, séduire.
Leur explication et peut-être leur excuse seraient dans leur efficacité. Mais ils ne sont pas efficaces, comme le prouve surabondamment l'histoire de nos révolutions et de nos malheurs. Ont-ils écarté, éloigné ou seulement protégé la chute d'aucun des gouvernements si divers qui ont successivement et toujours violemment disparu? Et ils ne sont pas plus dignes qu'efficaces, car ils dépriment à la longue l'âme des gouvernants et l'âme des gouvernés, ils sont comme une école mutuelle d'abaissement.
Gouvernants et gouvernés deviennent incapables de comprendre que l'équilibre et la durée n'appartiennent qu'aux pouvoirs qui ont mérité, par la confiance qu'ils mettent dans le pays et en eux-mêmes autant que par la fermeté de
leurs principes et par la droiture de leurs actes, l'estime et
le respect.
Cette déplorable éducation a faussé l'esprit public et détendu son ressort. La nation a perdu sa confiance en ellemême, sa confiance dans sa destinée, sa confiance dans la liberté qui lui a coûté si cher. Elle se croit toujours à la veille de la catastrophe politique et sociale. C'est pour s'y soustraire et pour exister, non pour affermir et rehausser sa fortune, qu'elle s'agite et qu'elle veille.
Si des événements graves viennent troubler l'équilibre instable où elle vit, elle est prête à se donner à V homme sauveur, quel qu'il soit, qui lui apporte le mirage d'un changement d'Etat dont elle attend le bienfait, qui lui échappe toujours, de la stabilité dans la sécurité.
Dans les années d'incertitude et d'agitation politiques qui suivirent les terribles journées de juin 1848, je fus le témoin, à titre d'officier supérieur employé à F état-major de l'armée de Paris, d'un duel peu connu ou mal connu, très inégal d'ailleurs, entre deux hommes sauveurs.
Le commandant en chef de cette armée était un général d'Afrique en haute réputation militaire et même politique, bien que toute sa vie il n'eût commandé, — très énergiquement, il est vrai, — que quelque deux ou trois mille hommes contre les Arabes algériens. On le jugeait, il se jugeait surtout, l'un des grands capitaines de son temps. Dans une lettre restée célèbre, il avait lui-même exprimé cette opinion de lui-même, en déclarant qu'il avait l'habitude de vaincre.
Plus récemment, sûr de son armée, il avait apaisé les vives inquiétudes que le prince Louis - Napoléon , devenu président de la république, inspirait à l'Assemblée républi-
caine, par une déclaration solennelle, restée aussi célèbre que sa lettre : Représentants de la France, délibérez en paix.
Publiquement, imprudemment, devant nous tous, cet officier général ne parlait du prince qu'avec le mépris le plus osé , et devant une réunion officielle il exprimait cette pensée dont à coup sûr, dans son incommensurable vanité, il entendait être le bénéficiaire : La France tombée dans le ruisseau appartiendra à celui qui se baissera pour la relever.
Et il se baissait en effet , n'attendant que le moment favorable pour agir, quand le prince Louis-Napoléon, se baissant plus vite et agissant plus à propos, lui épargna les soucis de la dictature.
La dictature! Voilà, dans les temps de désarroi politique et social, la solution dont la pensée et très souvent le souhait pénètrent les esprits en France, même les bons esprits. Déplorable tradition, déplorable habitude, pourrais-je dire, par laquelle, si nous n'y prenons garde, nous finirons par justifier aux yeux du monde cette douloureuse définition que, dans sa vieillesse découragée, Chateaubriand donnait de nos aptitudes politiques : La liberté à la bouche, le servage au cœur1.
Oui, nous sommes à la fois révolutionnaires et césariens. Les générations qui ont reçu l'éducation césarienne ont l'oreille toujours tendue vers les sabres qui résonnent, fondant l'espoir du salut commun sur le sabre qui résonne le plus. Trois dictatures2 aboutissant fatalement, — car c'est une loi, — à la guerre sans trêve, à l'invasion sans merci, à des ruines irréparables, ne les ont pas guéris de cette
1 Mémoires d'outre- tombe.
maladie en apparence sans remède, et il n'est pas au monde une nation à qui s'applique plus exactement qu'à la noire cet aphorisme du roi Louis-Philippe :
Les peuples ne <ja(jncnt rien aux expériences qu'ils font. 11$ sont comme les oiseaux qui se laissent toujours prendre dans les mêmes filets.
Sous les gouvernements qui gouvernent comme je l'ai dit, se forment par la persuasion quelquefois, par l'intérêt toujours, des fonctionnaires dirigeants dont le dévouement conservateur et le zèle à outrance se déploient dans l'application de la doctrine.
Un préfet qui déclare la majorité de ses administrés hostile au gouvernement, mais contenue par sa constante et ferme vigilance qu'affirment des exécutions intermittentes de maires , de municipalités , de fonctionnaires , acquiert une importance considérable. Sa sagacité et sa vigueur sont citées. Elles lui valent, outre d'inévitables succès de décorations qui stimulent les tièdes , la plus flatteuse notoriété gouvernementale. On sait qu'aux yeux de ce lieutenant ardent et fidèle, quiconque n'est pas avec le pouvoir est contre le pouvoir, contre l'ordre, contre le pays, et sera classé parmi les ennemis du bien public , puis traité comme tel.
Un préfet, au contraire, qui cherche à rallier les partis à l'effort gouvernemental, qui n'est pas exclusif, qui étudie les hommes avant de les juger, qui scrute les intentions aveint de condamner les actes, qui dit quelque bien de gens dont le gouvernement pense beaucoup de mal, qui exprime dans ses rapports sa confiance dans la grande majorité de ses administrés, qui ne se signale conséquemment par aucune action d'éclat dans la répression..., est un fonctionnaire médiocre, d'un dévouement contestable, d'un
iOi ÉTAT POLITIQUE
caractère faible, vacillant dans tous les cas, et qu'au prochain jour il conviendra de faire disparaître, au moins de déplacer.
A ce système, les préfets ont cessé d'être les grands ionctionnaires dont le rôle était autrefois prépondérant. Ils sont devenus des agents, soumis à des exigences contradictoires, à des vicissitudes qui ont atteint le caractère des personnes et compromis l'autorité de la fonction. Aussi le personnel préfectoral, dont la composition était naguère supérieure, se recrute à présent un peu partout, comme on peut , selon les influences qui prédominent et les amitiés qu'on a.
Voilà comment, par d'étroites et inquiètes tendances que ses délégués manquent rarement d'exagérer, le gouvernement perd pied dans le pays. Voilà comment il se réduit aux proportions d'un parti au pouvoir. Il a l'inconsistance, les passions d'un parti, et pour lui, gouverner, c'est élever ses amis et accabler ses adversaires ! Il se peut qu'il attire à lui les intérêts effrayés, il ne satisfait pas la raison et ne se concilie pas les cœurs. Par la distribution de la feuille des bénéfices, il fait les créatures qui applaudissent, il ne fait pas les amis qui avertissent, et il ne forme pas Y esprit public sans lequel les gouvernements restent sans appui.
En France, depuis la grande révolution, la liberté a été le moyen bien plus que le but. Les gouvernements s'en servent pour naître, les individus pour arriver. Les premiers, entrés en possession, se contentent d'affirmer leur libéralisme, jamais ils ne font l'application ferme et sincère des institutions libres que je définirai j)lus loin, elles leur font peur. Les seconds, leur ambition satisfaite, sont frappés d'optimisme et restent cois pour n'être pas troublés dans leur jouissance.
Cette disposition des gouvernants, des fonctionnaires
principaux, des intéressés de toute sorte et des effrayés, à trouver et à prouver que ce qui existe est parfait, s'est appelée l'esprit conservateur, et le parti qui en poursuit le triomphe dans la politique s'est appelé le parti conservateur1. Je lui ai toujours appartenu, non sans déplorer ses erreurs et ses défaillances. J'étudierai plus loin son rôle politique et l'influence qu'il a eue sur les destinées du pays.
La politique qui a, qui propage la défiance et la peur, produisant les effets que j'ai exposés, j'examine ceux que pourrait produire la politique qui aurait et qui propagerait la confiance et la sécurité. J'établis tout d'abord qu'ils ne pourraient être pires, puisque dans les révolutions, dans la guerre civile, dans les guerres étrangères, le peuple français, conduit par la première de ces politiques, semble avoir épuisé tous les genres d'épreuves que la Providence destine aux plus malheureux.
J'imagine, pour le service de ma thèse, un gouvernement régulier qui, substituant dans l'action politique le principe large et fécondant de la confiance au principe étroit et stérilisant de la défiance, commencerait par justifier le système devant le pays, en lui montrant que les hommes de toute opinion à qui, en raison de l'honorabilité de leur vie, l'Etat doit se confier, forment en France, par comparaison avec les hommes dont, en raison inverse, il doit se défier, une immense majorité. Les chiffres de cette rassurante statistique de la moralité nationale ne pourraient être
1 Treize ans se sont écoulés depuis que j'ai formulé ces définitions 75). Dans cette période, le pays n'a pas subi de révolutions violentes, mais la politique a fait à gauche une évolution si caractérisée, que le parti conservateur, dont le rôle fut toujours gouvernemental, est à présent tout entier, avec ses divisions et subdivisions, dans l'opposition la plus militante.
un instant contestés, et l'Etat en aurait le bénéfice sur le terrain politique à la condition que, s'élevant au-dessus de ses misérables traditions, il ne tînt pas pour ennemis de Tordre et de la paix publique les Français qui seraient d'un avis contraire au sien.
Je sais que tous les gouvernements , à leurs débuts, ont fait avec plus ou moins d'éclat une déclaration libérale de ce genre, appelant à eux les hommes de bon vouloir de tous les partis. Ce qui serait ici nouveau, imprévu, original à ce point que l'impression en serait profonde dans le pays, ce serait que le gouvernement, après les avoir appelés pour la forme , selon la tradition , les accueillît effectivement et s'en servît, qu'enfin il introduisît et obligeât ses agents à introduire sincèrement, fermement, hardiment si Ton veut, on libéralisme dans les actes et dans les faits. Gela, je l'affirme , ne s'est pas encore vu.
Ce gouvernement, qui n'aurait pas la prétention de refaire à son image la France divisée entre tant de partis et de nuances de partis, qui oserait prétendre à la gouverner comme elle est faite, jetterait les véritables bases du gouvernement du p^ys par le pays, si rompant avec toutes les traditions de la politique intérieure française, il complétait son œuvre par un effort de décentralisation graduée, qui ferait l'éducation de la nation dans le sens des libertés provinciales administratives , telles qu'elles sont entendues en Angleterre, en Belgique, en Allemagne, en Autriche, en Italie. 11 aurait transformé la France et rajeuni ses destinées.
Du centre, de Paris où la vie surabonde jusqu'à y faire périodiquement d'effrayantes explosions , il l'aurait transportée aux extrémités qui meurent d'anémie, en ranimant le corps social tout entier. Le gouvernement ne serait plus voué à l'impossible mission qui l'accable de tout concevoir^
de tout préparer, de tout exécuter, de tout voir et de tout savoir. L'aphorisme si original et si profond du maréchal Bugeaud : En France, ceux qui doivent mener la voiture la tirent, ne serait plus vrai. Enfin, par l'étude et par la pratique des affaires dont le règlement appartiendrait aux provinces, on verrait se former partout des écoles d'hommes publics, d'où sortiraient des hommes d'État dont l'espèce semble bien près de disparaître.
La centralisation qui pèse sur la France depuis près d'un siècle est tout à la fois politique et administrative. Je n'en demande pas la suppression, j'en demande la division. Je reconnais que la centralisation politique appartient au gouvernement et doit rester tout entière entre ses mains, à peine de lui enlever les initiatives, les responsabilisés, la liberté de résolution et d'action qui sont sa force. Sur ce terrain, nul partage d'autorité ou de prérogatives n'est possible qu'avec la représentation du pays dans les formes prévues par la loi constitutionnelle.
C'est la centralisation administrative que je condamne et sa suppression que je souhaite. Il se peut qu'une réforme de cette importance rencontre des commencements difficiles. Il faudrait y accoutumer les esprits, lutter contre les habitudes prises. Il y aurait des mécomptes, des échecs partiels, des usurpations. Un gouvernement sûr de lui-même ne se laisserait pas arrêter par ces incidents auxquels nul effort régénérateur n'échappe. Le sien trouverait sa récompense dans les résultats que produirait l'association à l'étude des intérêts provinciaux, à la gestion des affaires provinciales, d'une foule de citoyens qui s'en remettent traditionnellement à l'Etat du soin des solutions à intervenir, et dont toute L'ambition est d'avoir un rôle à Paris.
Les principes et procédés de gouvernement que je pro-
pose de substituer à ceux dont j'ai fait le procès, ne vont à rien moins, je le confesse, qu'à soutenir cette thèse singulière :
Que, dans l'état présent de notre pays, tout pouvoir dirigeant qui prétend à la durée doit hardiment associer à son œuvre ses adversaires autant que ses amis.
C'est peut-être un rêve , mais j'ai à cet égard de si fermes et sincères convictions, que si c'était un rêve, j'aurais la douloureuse pensée que l'avenir de la France contemporaine en est un autre ! Dans tous les cas , pénétré de l'importance du problème dont la décentralisation n'est qu'un cas particulier, discuté ici en passant, je vais, au risque de me répéter, généraliser ces vues. Je chercherai à définir, dans les pages qui suivent, l'ensemble des conditions que devrait remplir le gouvernement du pays par le pays.