L EDUCATION MILITAIRE DE LA NATION
Par ce que j'ai dit jusqu'à présent des institutions militaires, qui sont le moteur, et des armées, qui sont l'organisme mécanique, on voit que le moteur me paraît tout à fait insuffisant et que l'organisme, dont le gouvernement et l'opinion se préoccupent trop exclusivement, a encore des progrès à réaliser. Il faut compléter l'un et rectifier l'autre. C'est une entreprise qui ne peut réussir que par l'association des forces de l'Etat et du pays.
Comment préparer le pays à l'accomplissement de ces devoirs spéciaux? Il me semble indispensable qu'il reçoive un enseignement ad hoc, qui pénètre les générations françaises, en commençant par les plus jeunes, de l'esprit militaire qu'elles n'ont pas, complétant et équilibrant l'esprit guerrier qu'elles ont toujours eu.
L'esprit militaire, c'est une force tranquille, effective, disciplinable , qui est solide et qui dure. J'ai dit que nos adversaires , les Prussiens , avaient la fortune d'en apprendre les mérites dès leurs premiers pas dans la vie.
L'esprit guerrier est une force effervescente, souveni conventionnelle, qui répugne au frein en le subissant, t'ont le ressort se tend vivement et se détend facilement.
Il est à la fois dans notre tempérament et dans nos traditions.
L'esprit militaire et l'esprit guerrier peuvent l'un et l'autre conduire les nations et leurs armées à la victoire. Seul, l'esprit militaire peut soutenir les nations dans les grands revers, les armées dans les retraites périlleuses après les batailles perdues, et rendre à celles-ci et à celles-là le ressort moral avec l'aptitude aux efforts qui préparent la revanche.