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L'ÉDUCATION CIVIQUE DE L'ARMÉE

européen. Pour la défense de ses principes, de ses frontières et de ses foyers, il ne suffît pas qu'elle ait constitué d'innombrables armées. Il importe de considérer qu'elles ont à un bien plus haut degré que les armées d'autrefois, qui étaient peu nombreuses et formées de soldats rompus au métier, besoin de direction et d'encadrement. Ces deux forces, direction et encadrement, leur seront plus spécialement apportées par les familles qui consacrent leurs enfants au drapeau pour la plus grande part de leur vie.

Faites des familles militaires en les honorant, en soutenant celles qui ont besoin d'assistance, en rendant facile à toutes l'accès de vos écoles, qui, vous ne tarderez pas à le reconnaître, sont absolument insuffisantes pour répondre aux besoins de l'énorme organisme militaire dont vous cherchez à condenser les éléments. D'autres créations sont indispensables pour assurer l'entretien des cadres supérieurs et le commandement. Mais c'est surtout pour le recrutement des cadres inférieurs que de coûteux et persévérants efforts doivent être faits. J'expliquerai leur nature et leur but dans un chapitre où je traiterai l'importante question des établissements d'éducation militaire.

l'éducation civique de l'armée

Dans l'ancienne armée, l'enseignement auquel les jeunes soldats étaient assujettis pendant leur noviciat et après, se réduisait au dressage professionnel. C'était une succession de leçons théoriques et pratiques dont le but unique et le résultat étaient de faire des soldats rompus au métier, comme on disait autrefois. Ce qui, en effet, est aujourd'hui l'obligation de tous, était dans ce temps -là le métier de quelques-uns.

Que ce mode d'initiation ait suffi ou paru suffire, à une éj^oque où nos régiments ne comptaient que des soldats désignés par le sort et des soldats produits du remplacement ou de l'exonération, on peut se l'expliquer par l'infériorité de la moyenne d'intelligence , de culture , d'élévation de sentiments, qu'offraient des armées ainsi constituées.

Est-il possible que cette éducation purement technique et, pour tout dire, purement mécanique, se continue dans des armées où pendant la paix, et encore plus pendant la guerre , toutes les classes de la société française sont représentées?

Le dressage, je le reconnais, est aussi important qu'autrefois, peut-être plus important, en raison de la réduction qu'a subie et que subira encore la durée du service. Mais le dressage ne doit- il pas être accompagné d'un enseignement civique en rapport avec le complément de facultés morales et intellectuelles qu'apporte à la nouvelle armée la loi qui associe dans le rang les riches et les pauvres, les lettrés et les illettrés, à la défense du pays?

Il faut créer le professorat qui , dès l'arrivée au corps des jeunes soldats, fasse pénétrer dans leurs esprits, encore ouverts à toutes les bonnes impressions, les principes d'obéissance , de dévouement , de sacrifice , qui les prépareraient aux grands devoirs de leur état dans la paix et dans la guerre. Cet enseignement régimentaire de civisme et de patriotisme serait la continuation et l'application de celui dont j'ai proposé l'adoption, pour l'enfance et pour la jeunesse, par tous les établissements d'instruction publique.

Où en serait l'école, et comment en constituer le professorat ?

Les armées se composent, en principal, de grandes fractions organisées qui sont : le corps d'armée , la division , la

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