‹ Œuvres posthumesChapitre 77 sur 93 · LA GUERRE D'ORIENT · texte numérisé non relu

LA GUERRE D'ORIENT

sens de législation, — mais cette fois, je pense, sans aucune chance de succès, — la bataille où je m'étais engagé naguère au sujet de la gendarmerie.

Telle était au ministère de la guerre la situation très mouvementée, et quelquefois confuse, créée par ce rôle de touche-à-tout qu'avait adopté le gouvernement impérial, quand, dès la fin de 1852, un nuage, qui s'en fut toujours grossissant, s'élevait entre la Russie et la Turquie. Au cours de l'année suivante, il tournait à la tempête par la rupture des relations diplomatiques entre ces deux Etats, par l'invasion des principautés qu'effectuait l'armée russe, enfin par la retentissante destruction à Sinope de la flotte ottomane.

C'était la guerre, une guerre qui s'était annoncée de si loin, qui s'était affirmée par une succession de faits si avertisseurs , qu'on ne s'abordait plus en France qu'en se disant : « A quand la crise? » Mais si, dans le public, ce point d'interrogation ne s'échangeait que curieusement , au ministète de la guerre il s'échangeait anxieusement } entre les directeurs intéressés qui savaient par le menu qu'en raison de l'état des effectifs, du matériel, des approvisionnements de toute sorte, l'armée n'était préparée à aucune prise d'armes, qu'elle fût limitée ou devînt générale. A la fin de janvier 1854, deux mois après la catastrophe de Sinope, aucune question sur l'état présent des choses militaires ne nous avait été posée, et un jour que, très nettement, j'avais redit au ministre ce qu'il en était, il m'avait répondu presque en raillant que, les patrons étant en tranquillité, les ouvriers ne devaient pas être en souci. Evidemment, à cette heure-là, l'abstention gouvernementale était systématique et voulue.

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