‹ Œuvres posthumesChapitre 25 sur 43 · Une théorie de la Population · texte numérisé non relu

Une théorie de la Population

16. Une théorie de la Famille et du lHariage ; Sans préjudice d'une foule de vérités incidentes. J'ai révélé le premier le phénomène de l'antinomie

dans l'économie politique. J'ai dégagé la Justice de

njSTiFiés 217

la Religion, rélémeut moral de rélément religieux.

Comme philosophe, si j'écarte toutes les hypothèses métaphysiques, absolutistes, qui ne signifient rien, je pose comme point fixe, loi de la nature, de l'esprit et de la conscience, ce fait universel : Justice, égalité, équation, équilibre, accord, harmonie.

Je suis démolisseur. Hais en vertu de quel principe est-ce que je démolis? car il en faut un ici; en vertu de quelle idée, de quelle donnée ou théorie? car il en faut une. — En vertu du Droit et de la Justice. Toute ma critique de la Propriété, toute ma théorie de l'Amour et du Mariage, celle de la Paix et de la Guerre, repose sur la notion de justice; mes Contradictions économiques sont une opération d'équilibre. Je suis démolisseur; mais je montre aujourd'hui le système politique et social sous un jour nouveau. Contre les abus irréparables de la souveraineté, je demande donc, et plus que jamais, le démembrement de la souveraineté; — contrôla fantaisie du pouvoir personnel, je demande Falliance de l'égoïsme propriétaire avec la liberté; — contre l'excès de l'impôt et les prodigalités du fisc, je demande une réforme de l'impôt^ établie sur la rente même pour pivot; — contre la liste civile, je demande, avec le partage du domaine terrien, la participation à la rente foncière; — contre l'immobilisme féodal qui nous envahit, contre les majorais, les corporations qui nous pleuvent, je demande la propriété allodiale. Voilà bien, je pense, autant d'affirmations que de négations. Qu'importe? }e suis un démolisseur, incapable de reconstruire!...

218 LA GRITJOQE DE l'aUTEUR

Une aulre ^nion que je redoute, parce qu'elle n*offre presque aucune prise à la réplique, c'est celle des gens de bonne foi, qui, en entendant parler de ces controverses, disent : Dieu! faut-il tant d*esprit pour savoir que chacun doit être maître de ce qui lui appar<tient? Voilà que v^ nous dites uiaintenant que dous ne sommes plus des voleurs : ims le savions avant vous; bous n'avons jamais dooté de notre droit. A quoi Dous aujrait-il servi d'apprendre à douter, puis* qu'en définitive le droit est indubitable?

Eh ! braves gens, a'avez-vous jamais entendu parler de révolutions? Ou bien étes*vous comme le lièvre, qui retourne toujours au gUe, repassant par le méme.sentier, après avoir man<p]é vingt fois d'être pris? Demandez à M. Laboulaye, un savant jurisconsulte, digne de votre conâance, et qui n'a pas trop d'esprit : il vous dira que toutes les révolutions se font pour ou contre la propriété, et que dans l'un comme dans l'autre cas, il y a grand déplacemeni d'héritages!... Vous croyez-vous plus rassurés aujourd'hui qu'en 1848,plus rassurés que ne Tétaient le clergé et la noblesse en 1789?... — Le gouvernement veille, direz-vous. — Oh ! vous savez bien que les révolutions n'attendent pas la permission des gouvernements. D'ailleurs, quand ce ne sont plus ks partageux qui attaquent la propriété, c'est le gouvernement qui la restreint. Et c'est toujours la propriété qui paye, à moins qu'elle n'ait le taknt de faire elle-même payer. Or, la théorie que je vous propose a pour but de vous montrer comment, si vous le voulez bien, aucune ré-

JusTiriÉE 219

volutioD n'arrivera plus. Il s'agit simplement, pour les non-propriétaires, de leur faciliter les moyens d'arriver à la propriété, et pour les propriétaires, de mieux remplir leurs devoirs envers le gouvernement. Prenez garde!

Page 1