‹ Œuvres, précédées d'une noticeChapitre 103 sur 114 · ACTE V, SCÈNE I. 4a · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE I. 4a

Dans le fond d'un cachot qui nous a vu plonger. Voilà le vrai coupable !

PHILOCLÈS

A ta juste colère J'applaudis. Je craignais qu'une image trop chère Ne fût maîtresse encor de ton cœur enflammé ; Que, tout ingrat qu'il est, Agathophile aimé —

DIOCHARIS.

Ah ! ne prononcez plus ce nom que je déteste! Je rougis devant vous d'une flamme funeste j Et mon cœur , qui croyait adorer un héros , S'indigne qu'un esclave ait troublé son repos. Lorsque , rebelle aux vœux de l'amour le plus tendre , Hier il refusait de trahir Périandre , J'excusais , j'approuvais ce refus courageux : Le cœur a ses combats , ses raomens orageux , Oii la vertu paraît à la vertu contraire ; Où contre un doux penchant lutte l'honneur sévère ; Et des devoirs rivaux quand le choix est douteux , Même en choisissant mal on reste vertueux. Certes , si c'est vertu , c'est son effort suprême , Que de ne vouloir pas servir l'objet qu'on aime 5 Mais s'armer contre lui ! repousser les efforts D'un peuple de vengeurs descendus dans nos ports ^

Lorsque la libçrtë , si long-temps exilée ,

Par nos vœux , par nos cris , dans nos murs rappelée ,

Sur la rive agitait ses drapeaux triomphans ,

Et déjà souriait à ses heureux enfans....

C'est le comble du crime et de la perfidie !....

Je ne m'étonne plus que le cruel nous fuie ;

S'il n'eût été deux fois coupable dans un jour;

Comme la liberté , s'il n'eût trahi l'amour,

Nous laisserait-il seuls en ces momens d'alarmes?

L'ingrat à nos malheurs devait au moins des larmes ^

Il devait , avec moi , s'il craignait de mourir ,

Se montrer digne au moins de mon dernier soupir.

Il sera pour vous seul , mon père ] je l'oublie ^

Je mourrai toute à vous , et toute à ma patrie.

PHILOCLÈS, la serrant dans ses bras.

0 ma fille !.... plains-le -, plus malheureux que toi , Il perd Diocharis et combat pour un roi. Mais déjà vers ces lieux un sénateur s'avance : Ne nous trahissons pas.

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