ACTE V, SCÈNE IV
Le flambeau mal ëteint de la guerre civile , Le Tœu d'un peuple entier, celui d'Agathophile , -^ Car il fut de vos droits le défenseur constant, Tout m'engage à donner un exemple éclatant. De ce jour, que devait signaler ma vengeance , Corinthe jouira de son indépendance.
PHILOCLÈS, horsdelui.
0 dieux de ma patrie!
AGÀTffOPHILE.
Eh bien ! Diocliaris ?
DIOCHARIS.
Le remords t'a vengé.
Philoclès , à ce prix , Jurez qu'Agathophile obtiendra....*
PHILOCLÈS
Je le jure.
Et vous , Diocharis , s'il vous a fait injure , En osant à l'amour préférer l'amitié , Jurez- moi qu'à ce prix son tort est oublié.
DIOCHARIS.
Je l'aimais contre nous combattant pour un maître ♦, Je l'aimais , lorsqu'en lui je croyais voir un traître 5
Jugez des sentimens que lui promet mon cœur. Quand son ami devient notre libérateur.
AGATHOPHILE.
Jour heureux !
PÉRIANDBE , descendant de son trône , et remettant son diadème à Philoclès.
Au sénat je remets ma puissance ; Le règne de la loi pour Corinthe commence.
(Sa voix s'aflTaiblit par degrés.)
Mais , pour bien l'assurer, il n'était qu'un moyen 5 « Un roi ne peut jamais devenir citoyen. » Le fût-il en effet , toujours de sa présence La liberté jalouse ou s'alarme ou s'offense 5 Et le trône , à mes yeux aujourd'hui sans attraits , Peut réveiller un jour d'ambitieux regrets. Moi-même j'ai voulu m'enchaîner à ma gloire. Et d'un retour honteux préserver ma mémoire. Quitte envers l'amilié, quitte envers mon pays, Il ne me reste plus qu'à rejoindre mon fils.
AGATHOPHILE.
Qu'en tends-je ? Juste ciel !.... Votre voix affaiblie...
PÉRIAjMDRE.
Cher ami... soutiens-moi... ma carrière est remplie.. Le poison....