QCI M AVAIT DIT EN PIAISANTANT QU ELLE ME BESDRAIT ATHEE
Non , ne crois pas , charmante Laure ,
Pouvoir chasser de mon esprit Cet être par qui tout est, se meut, pense, agit^ Non, j'ai besoin de croire à ce Dieu que j'adore :
Tous tes argumens seront vains.
Pour démontrer son existence , Je t'oppose à toi-même ; et tous ces traits divins • Dont contre lui s'arme ton éloquence ,
Suffiront seuls à sa défense.
Si Dieu n'est pas , comment pourras - tu m'expliqucr Cet art de raisonner , le premier de tes charmes ?
Ah I de lui seul tu tiens les armes
Dont tu te sers pour l'attaquer !
Lui seul il a formé cette bouche perfide
Qui plaît , même en le blasphémant j Sur ton front calme et fier sa majesté réside , Et de tes yeux l'irrésistible aimant
iq8 poésies diverses.
Est rembléme de sa puissance.
Ce Dieu que tu combats respire dans tes traits 5
Par tes talens, par tes attraits Tous tes raisonneraens sont réfutes d'avance ^
Et j'ai vaincu si tu parais. '*; ^' "^
Cesse donc de nier, toi, sa parfaite image, Cet être en qui tout vit et par qui tout est né,
Et paie au moins de ton hommage
Le droit qu'au nôtre il t'a donné.
Chacun en te voyant si belle ,
Forcé soudain au même aveu ,
Dira : « Laure , il existe un Dieu ,
« Puisque tu n'es qu'une mortelle. »
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PORTRAIT RESSEMBLAIMT.
Que je le hais ce tartufe titré Qui , d'un air patelin , d'un langage sucré , De qui veut raisonner plaignant le fanatisme , Mesure la sagesse à son froid égoïsme 5 Qui parle de vertus , et ne croit point en Dieu j Philosophe d'hier, qui, dans sa politique, Rival de son laquais , dédaigne Montesquieu ; Et faisant contraster sa fortune et son vœu, S'engraisse d'esclavage et parle république ; Séducteur par système, amant par vanité, Qui, près d'une beauté trop faible et trop sincère, Pour usurper les droits de l'amabilité , Se montre vertueux , et sensible , et sévère j Condamnant l'inconstance et l'infidélité , La rend tout à la fois infidèle et volage, Et lorsqu'elle a rompu pour lui d'autres liens. Doublement adultère , ose garder les siens ! Cependant on l'admire ! on se dit : C'est un sage 5 D'un mot un peu trop gai sa pudeur a rougi 5
iio POÉSIES DIVERSES.
11 est décent : en faut-il davantage?
S'il parle, à l'instant applaudi :
S'il ne dit rien , on croit qu'il pense. Jamais il ne censure — Oh ! c'est un bon ami ! Tendres soins, douxbaisers, s'envontpleuvantsurlui j Il a joué l'amour, l'amour le récompense :
Voilà les heureux d'aujourd'hui ! > inO
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