ACTE I, SCÈNE II
^4, AGATHOPHILE, vivement.
Vous l'avez assuré...
DIOCHARIS.
'i i..,.: 'i ■¥.' 4ï X : J'ai firardé le silence.
I « Je sais , ajouta-t-il , qu'à cette préférence x * « Des vertus que j'honore établissent ses droits ,
« Et si j'avais conçu moins d'horreur pour les rois , " « Ou s'il chérissait moins celui que je déteste... » Vous pâlissez , seigneur, vous devinez le reste.
AGATHOPHILE.
I Je le redoute au moins : je vois avec douleur
Que ce qui fait ma gloire aura fait mon malheur ^
Je vois qu'on nous immole à l'orgueil , à la haine , \
P Qu'en approuvant nos feux , on brise notre chaîne. Que dis-je? un père a-t-il ce barbare pouvoir ? Le bonheur de sa fille est son premier devoir. Qu'opposer à l'amour , lorsque sa flamme est pure? Plus sacré que les lois , plus fort que la nature , L'amour rapproche , unit les sentimens , les vœux , Les intérêts , les rangs , les distances, les lieux , Tout, et de nos destins cet arbitre suprême, Pourrendreun coupleheureux, neveut qu'un titre, il s'aime. Pardonnez , je m'égare , et mon cœur, plein devons. Se livre trop peut-être à des transports si doux -,
Peut-être j'aurais dû , d'un si vertueux père , Respecter devant vous le courage sévère -, Mais j'aime, un doux espoir m'était permis. ..hélas ! La plainte est pardonnable à qui perd tant d'appas !
DIOCHARIS.
Si d'un excès d'amour votre vertu s'accuse ,
Ce n'est pas devant moi qu'elle a besoin d'excuse -,
Confondant mes devoirs avec mes sentimens ,
Mon cœur n'entre que trop dans vos raisonnemens ,
Il semble qu'à vos lois fière d'être asservie,
Je sente moins le joug dont gémit ma patrie -,
J'épargne le tyran que j'ai droit de haïr
En faveur de celui que j'appris à chérir 5
Et trop amante , hélas ! pour être citoyenne ,
A votre destinée abandonnant la mienne ,
Je sens que , si j'avais le choix de mon bonheur ,
Un désert avec vous suffirait à mon cœur.
Mais un père commande à ce cœur trop sensible
Un sacrifice...
AGATHOPHILE.
Affreux ,
DIOCHARIS.
Nécessaire ,