‹ Œuvres, précédées d'une noticeChapitre 59 sur 114 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

A.GATHOPHILE.

Impossible :

Ce cœur dépend de vous.

DIOCHARIS.

Ma main dépend de lui.

Tant que de Périandre Jl vous verra l'appui, Tant qu'un roi, quel qu'il soit, gouvernera Corinthe, D'un lien solennel jamais la douce étreinte N'enchaînera nos cœurs sous un joug plus heureux , Et nous ne pourrons être unis que par nos vœux.

AGATHOPHILE.

Dites par nos malheurs.

DIOCHARIS.

Un seul espoir nous reste -, Notre ennemi commun n'a qu'un fils qu'il déteste ; De son farouche orgueil Périandre irrité L'a, dit-on, pour jamais banni , déshérité. Et lorsque dans la tombe il lui faudra descendre , Notre bonheur pourra naître au moins de sa cendre.

AGATHOPHILE.

Quel bonheur ! à ce prix s'il doit être acheté !

(A part. )

Mais même cet espoir , hélas ! nous est ôté j

56o . ' PÉRIANDRE^

( A Diocharis.)

Ce prince infortuné , que poursuit votre haine, N'a point de Philoclès la rigueur inhumaine. Il ignore nos feux -, eh bien ! si dans ce jour De lui seul dépendait le sort de notre amour , Quoique peut-être il dût, dans l'objet que j'adore, Craindre qui le redoute, et haïr qui l'abhorre, Je réponds que , hâtant un fortuné lien , Du bonheur d'un ami son oœur ferait le sien. Et Philoclès pourrait demeurer inflexible ! Non : il est vertueux , il doit être sensible. Des tourmens de sa fille un père aura pitié ^ La nature fera ce qu'eût fait l'amitié.

DIOCHARIS.

Il vient vers nous : ô ciel ! quel sinistre présage \ Une sombre fureur se peint sur son visage.

AGATHOPHILE, à part.

Dieux ! déjà saurait-il ?. . .

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