ACTE II, SCÈNE III. 5«i
I Sur un projet nouveau qui ne peut vous déplaire , Qui de mes vœux , des siens remplira le plus doux, Celui de voir la paix rétablie entre nous , De regagner des cœurs qu'irrite ma puissance, De vous forcer enfin à la reconnaissance.
DIOGHÀRIS, à part.
Que veut-il dire?
AGATHOPHILE, à part.
0 dieux ! m'auriez-vous exaucé ?
Vous savez au sénat tout ce qui s'est passé.
DIOGHARIS.
Quoi! c'est là le projet...
J'abdique la couronne , Je cède à Lycophron et mes droits et mon trône : Mais, pour qu'un vœu commun nous réunisse tous, * Je prétends que mon fils les partage avec vous.
DIOGHARIS.
Ciel! quentends-je?
AGATHOPHILE, à part.
0 revers !
A ce grand hyméndc Vos vertus , dès long- temps , vous avaient destinée*
AGATHOPHILE, à part.
Quelle épreuve ! amitié ! pourras-tu résister ?
DIOGHARIS5 à part, regardant Agathopliilc.
Ce coup l'anéantit, sachons en profiter.
Quoi ! je vous offre un trône, et votre âme balance ' Madame , est-ce un refus qu'annonce ce silence?
DIOCHARIS.
Seigneur, quand vous offrez à mes yeux éblouis Et le trône , et surtout la main de votre fils. Par ce double présent vous m'avez su confondre , Et mon cœur incertain , avant de vous répondre , Voudrait que cet ami , qu'avec tant de raison Vous alliez consulter en cette occasion ,* Daignât de ses avis, que dicte la prudence , Aider en ce moment mort inexpérience.
AGATHOPHILE.
Votre embarras m'étonne \ ah ! sur un choix pareil , C'est de votre cœur seul qu'il faut prendre conseil.
DIOCHARIS.
Seigneur , je vous ai vu toujours pour Périandre