ACTE II, SCÈNE V
Avec Diocharis et toutes ses vertus , f Recevant tous les cœurs pour elle prévenus ,
Joignant le vœu public aux droits de sa naissance , Monarque par mon choix et par la confiance , Qu'il puisse , sans orgueil comme sans envieux , Heureux lui-même enfin , rendre son peuple heureux.
PHILOCLÈS
Si je ne consultais que la haine inflexible
Que porte à tous les rois mon âme incorruptible ,
D'une offre qui m'outrage interdit et confus ,
J'aurais par mon silence expliqué mon refus 5
Mais un reste d'espoir, et peut-être d'estime,
Qui fait que , malgré vous, je vous crois magnanime,
M'engage , en remplissant la moitié dé vos vœux ,
A vous donner encore un conseil généreux.
Qu'entends-je ?
PHILOCLÈS
Séparez le sceptre que j'abhorre, De ce fils que , sans lui , j'adopte et que j'honore, Et partageons l'éclat d'un sacrifice heureux : Le sceptre est dans nos mains, renonçons-y tous deuxj Vous , pour votre fils. . .
Ciel!
PHILOGLÈS.
Comme moi , pour ma fille, Et ne formons alors qu'une même famille ; A ce prix j'y consens.
DIOCHARÏS, à part.
Ah ! dieux !
Refus cruel !
Que me proposez-vous?
PHILOGLÈS.
De vous rendre immortel.
De mériter un temple.
' En cessant d'être père ?
PHILOGLÈS.
En cessant d'être injuste.
0 devoir trop sëvère !
PHILOGLÈS, vivement.
N'en voyez que le prix. Voyez autour de vous
Un peuple libre , heureux , par les noms les plus doux.
D'un nom qu'il détestait payant le sacrifice ,