ACTE III, SCÈNE VI. 4oi
PHILOGLÈSj d'un ton sévère.
Ma fille!... A la nature Un vrai républicain ne sait point faire injure : Périandre , nos cœurs ne sont point nés cruels : Un père insulte-t-il à des pleurs paternels ? Non que par un aveu lâche et pusillanime Je cherche à désarmer le courroux qui t'anime ; Comme père , à ton deuil je veux bien compatir 5 Mais , comme citoyen , je dois m'en réjouir.
Téméraire!
PHILOCLÈS
Des dieux la justice suprême Par la mort de ton fils s'explique sur toi-même j Sur les degrés du trône ils ont frappé ton fils 5 Tu l'occupes encor, profite de l'avis.
Et qu'ai-je à craindre , moi , de la foudre céleste ?
La vengeance, voilà le seul bien qui me re&te.
Et j'y renoncerais ! Je serais à la fois
Le père le plus lâche et le plus vil des rois ! . . .
Non. J'étais peu sensible au vain éclat du trône ^
Mais j'adore à présent le pouvoir qu'il me donne :
Vos lois , vos vœux , vos cris , vos complots , le danger^ LUGE. H. 26
4oa PÉRIANDRE,Tf|-p^;
Je brave tout -, je veux régner pour me venger. Et ne vous flattez pas , s'il faut que je succombe , Qu'avec moi mon courroux s'éteigne dans la tombe. ^ Vous calcule? mes jours j plein d'un féroce espoir , ^ Votre orgueil entrevoit un terme à mon pouvoir. Mais on n'aura commis qu'un forfait inutile ; , ^
Pour régner après moi j'adopte Agathophile. ç^ig^^^^
ÙQ iUaH PHILOCLÈS.»» H*^ m(^p S -^^01^^ M î'
Agathophile h'thtnp ■in^&tsî>mki,^i'
DIOCHARIS.
0 ciel ! lui! régner après toi ! , < , .f-^», Lui qu'Athène a nourri! Périandre... crois-moi, Si par reconnaissance il peut servir un maître , Il a trop de yertu pour vouloir jamais l'être. .
f^ lîiîî PÉRIANDRE.
Gardes , que dans les fers on les plonge tous deux î
PHILOCLÈS, tandis qu'on remmène.
Va , ce n'est point ainsi qu'on désarme les dieux : Au lieu de t'éclairer leur vengeance t'irrite ; Qui ne sait profiter du malheur , le mérite.