‹ Œuvres, précédées d'une noticeChapitre 87 sur 114 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

PÉRIANDRE, seul.

Profiter du malheur ! Juste ciel ! Et quel bien ,

Quelle utile leçon puis-je tirer du mien?

Cruel ! Tu ne sens pas qu'il est irréparable ,

Et qu'en perdant son fils , un père inconsolable

Ne voit dans le passé qu'un affreux souvenir,

Abhorre le présent et n'a plus d'avenir.

Je conçois aisément que ta tranquille audace

Attende , sans frémir, le coup qui te menace ;

Dans ton malheur , au moins , un doux rayon te luit ;

Tu descends au cachot, mais ta fille te suit;

Et quand tu subirais la mort la plus cruelle ,

Tu ne meurs qu'une fois si tu meurs avec elle !

Et moi, privé d'un fils , je vis... Chaque moment

M'apporte le trépas sans finir mon tourment.

Je suis seul !... Au milieu de la splendeur du trône ,

La nuit du désespoir sans cesse m'environne ;

Mon cœur flétri s'épuise en regrets superflus ,

Et je vis pour sentir que Lycophron n'est plus !

4o4 PÉRI ANDRE,

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