ACTE IV, SCENE III. 4i
D'amitié , d'héroïsme exemple magnanime , Viens , et que ma tendresse abjure dans tes bras Le plus lâche soupçon....
AGATHOPHILE.
Votre cœur n'y crut pas.
Oh ! non , mais que du tien je sens bien la noblesse ! Tu sus de ton ami respecter la faiblesse , Et de son désespoir plus touché qu'offensé , En punir tous les torts sur ceux qui l'ont causé.
AGATHOPHILE.
Oui , seigneur, partageant vos fureurs paternelles ,
J'ai puni , j'ai chassé ces hordes criminelles
Qui prêtaient à Corinthe un bras ensanglanté j
Sur nos divisions leur rage avait compté.
J'ai fait plus : parcourant cette ville en alarmes j
Et déjà contre vous prête à prendre les armes ,
De la rébellion j'ai fait taire les cris ;
Mais , sans changer les cœurs , j'ai calmé les esprits :
On vous respecte encor ; mais on vante Corcyre,
Seigneur , et si mon zèle osait. ...
Tu peux tout dire ; Va , mon cœur est bien loin de craindre tes avis ,
4i4 PÉRIANDRE,
AGATHOPHILE.
Eh bien ! je dirai tout : vous n'avez plus de fils !..*
Ah i cruel souvenir !....
AGATHOPHILE.
Ses meurtriers, sans doute.
Ont dû payer les pleurs que leur crime vous coûte -, La vengeance d'un père a droit de tout oser, Et ce n'est point à moi du moins à l'accuser. Tant qu'on vous opposa l'insulte et la menace , Que le peuple , ëtayant ses droits de son audace , Crut vaincre par la force , et prétendit ravir Ce que de vos vertus il pouvait obtenir. L'orgueil vous conseillait de prouver à Corinthe Qu'un cœur comme le vôtre , incapable de crainte , Sait punir la révolte et peut avec honneur Céder à la justice et non à la terreur. Mais Corinthe , à présent désarmée et soumise, Attend tout de vous seul et de mon entremise : Vos pleurs coulent encor, mais ils sont expiés ^ Corcyre a succombé : Corinthe est à vos pieds ; Votre fils est vengé , seigneur ; et si le trône , Si le vain appareil qui suit une couronne ,