SUR 11 A.BAUT-SAINT-ÉT1ENNE. V
moins brillant que lui , mais depuis quarante ans adoré dans son diocèse, pour sa charité et sa bienfaisance. Sa mort fut une calamité pour les protestants comme pour les catholiques. Rabaut-Saint-Etienne écrivit son éloge. M. Boissy-d'Anglas , qui habitait alors la ville de Nîmes, et à qui nous devons sur Rabaut une notice intéressante que nous reproduisons en gi^ande partie dans ce précis , envoya P Hommage à la mémoire de Vévêque de Nîmes à La Harpe, qui y trouva «la vé- «ritable éloquence, celle de l'ame et du sentiment.» Outre les talents littéraires et scientifiques dont ils nous a laissé des monuments incontestables, Rabaut avait encore du goût pour la poésie, qu'il cultivait^ dit - on , avec assez de su<^cès. Il avait commencé un poème épique de Charles-Martel^ dont les fragments n'ont pas été conservés, et un roman dans le genre du Télémaque ^ où il faisait le tableau de l'ancienne Egypte, qui paraît également perdu. Des occupations plus importantes vinrent le distraire des charmes de l'étude. La considération dont il jouissait dans le midi de la France engagea le général Lafayette, à son retour d'Amérique, à encourager Rabaut dans la résolution qu'il avait prise de réclamer enfin auprès du roi un état civil pour les protestants. Le moment était farvorable. « Rabaut-Saint-Etienne vint à Paris sol- . liciter ce grand acte de justice, que réclamait aussi, dans le même temps , avec tout l'ascendant de sa re-