‹ Œuvres, précédées d'une notice sur sa vieChapitre 6 sur 34 · VIII NOTICE · texte numérisé non relu

VIII NOTICE

renverser; et les massacres de septembre , exécutés sans opposition , avaient cimenté son pouvoir. Accepter une place à la convention , assemblée dans sa ville même , et sous sa domination épouvantable , c'était se livrer à la mort ou à une solidarité de crimes encore plus effrayante. Quelques personnes, parmi celles qui en firent partie, purent échapper à ce double malheur; ce ne fut pas Rabaut-Saint-Etienne ; il y périt, comme chacun sait, et il y périt par l'effet de la plus honorable conduite.

« Il avait le caractère naturellement doux et facile ; mais il se montra, dans là convention, plein d'aigreur et de mécontentement. Il semblait n'être dominé que par un seul sentiment , la haine contre ceux qui protégeaient ou favorisaient les excès. Il avait trop aimé la vraie liberté pour ne pas abhorrer les crimes qu'on osait commettre en son nom. Ils n'ont jamais connu la liberté, disait- il un jour, et ils lui font plus de mal par leurs lois atroces et par leurs mesures sanglantes, que les émigrés et les ennemis par leurs imprudentes attaques. Il considéra avec une grande douleur le projet de mettre le roi en jugement, et surtout de faire prononcer ce jugement par la convention elle-mêm^ H combattit avec force la sentence de mort ; ce fut dans cette terrible affaire qu'il fit entendre à la tribune ces paroles mémorables , qui provoquèrent sa perte : « Je suis las de la portion de tyn^nnie que je suis cx)ntraint

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