SUR RABAUT-SAINT-ETIENNE. XI
religion qu'il ne professait pas : il n'a jamais ni proposé ni appuyé aucune des lois sanglantes qui ont été prononcées contre eux; il a eu en horreur le fanatisme, et repoussé, quand il l'a pu, ses criminels et dangereux efforts : et quel homme de bien n'a pas dû le faire? la religion de l'Evangile, comme la loi naturelle, ne le prescrivent-elles pas également? Mais il n'a jamais trouvé dans ce devoir le prétexte de la vengeance; et dans toutes les occasions de sa vie il a été bienfaisant et juste.
(c Rabaut-Saint-Étienne fut, jusqu'au dernier moment de sa vie, animé du désir d'empêcher l'injustice et de venir au secours du malheureux et de l'opprimé. Voici un fait qui le prouve d'une manière bien concluante, et qu'un homme de lettres, distingué tout à la fois par ses talents et par ses principes , M. Eusèbe Salverte , rappelle dans son Tableau littéraire du dixhuitième siècle ; il cite un écrit qui a pour titre : L' Ombre de la Gironde à la convention^ par le Borgne.
« L'homme qui m'a le plus frappé , dit celui-ci , c'est « Rabaut-Saint-Étienne, H fut condamné le 1 4 frimaire « an II , le jour même où je fus interrogé : j'avais les « mains liées, et c'était un signe de condamnation; on ce me mit dans le dépôt oii l'on conduisait les conte damnés. Rabaut y fut amené , il s'écriait : Le voila « donc ce tribunal de sang, ces juges impies qui vont « déshonorer la république] les gendarmes lui dirent :