‹ Œuvres. Pub. par le baron Kervyn de Lettenhove (volume 3)Chapitre 61 sur 141 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

Des trêves qui furent publiées entre le roy de France et le roy d'Angleterre, et comment les faubours de Clermont en Beauvoisis furent brûlés par les Anglois.

Grand fut rassemblement à merveilles de gens d'armes qui luy vinrent de toutes pays ; et les faisoit moult beau voir en leur appareil. Et luy-mesmes de sa personne se mit sus, comme à sa hautesse apartenoit de se monstrer en guerre en sa première armée, car grans estas de liabillemens, ni d'autres beubans' ne luy affèroient point pour l'amour du deuiP. Par aucuns jours tint son séjour à Arras, jusques gens de toutes parts fussent arrivés, et son armée en point pour partir. Sy advint que pendant les mesmes jours, un samedy après les Rois, furent criées par toutes les villes de l'obéissance du roy et du duc de Bourgongne, les trêves entre les roy s de France et d'Angleterre, prenant depuis Paris jusques à Boulogne sur la mer et jusques à Troyes en Champagne ; et duroient lesdites trêves jusques à m3'"-mar3, sur attente d'avoir accord et finable paix ensemble; dans lesquelles trêves nulles villes, ne forteresses contraires audit roy et duc de Bourgongne n'estoient comprises, où que elles fussent situées'. Par quoy trois mil

' Beubans, lobans, signes extérieurs de vanité et d'orgueil.

» Le duc fit faire au mois de novembre 1419, 2,000 pennonceaux noirs, un étendard noir de sept aunes de long, frangé dq soie noire, quatre cottes d'armes armoyées aux armes dudit duc, les deux justes et les autres volans, six grandes bannières de trompettes armoyées et frangées comme les autres, deux grands pennons contenant sept aunes chacun, armoyés et dorés de fin or, frangés comme les autres, tout à huile. Les ducs de Bourgogne par M. de Laborde, pr. I, p. 172; Mémoires de Bourgogne, II, p. 23S.

3 Cette trêve, signée à Rouen le 24 décembre 1410, ne devait duror que jusqu'au l*"' mars. [Actapubl, IV, 3, p. 142).

106 CHROMOLE

Auglois, sous la couduite du comte de Huntindon et de Cornuaille, tantost après les trêves prises, alèrent devant la ville et chasteau de Clermont en Beauvoisis , laquelle , par une très-g'rant hautaine ils assaillirent très-aig-rement, et la cuidoieut bien emporter par armes; mais très-vaillamment fut défendue, et n'y purent rien faire. Et pour ce que aucuns de leurs gens de bien y moururent , et autres y reçurent grand meshaing de corps , par despit et par revenge de leur annuy, dont ils ne pouvoient avoir autre chose, ils boutèrent le feu en un fourboug qui s'appelle de Saint-Andrieu , et ardirent maintes belles maisons qui y estoient, puis fourrèrent toute la comté haut et bas, et en amenèrent ce qui y estoit de bon ; et atout leurs proyes s'en rallèrent en Normandie.

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