‹ Œuvres. Pub. par le baron Kervyn de Lettenhove (volume 3)Chapitre 95 sur 141 · CHAPITRE LXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXV

Comment les roynos de France et d'Angleterre en nobles et riches atours firent leur entrée à Paris.

Le lendemain après vinrent les deux roynes très-noblement accompagnées de plusieurs autres princesses , et de grandes dames, souverainement anglaises, que le roy Henry y avoit fait venir. Et partirent de la cité de Paris, en noble et bel arroy, pour aller au devant d'elles, le duc

douzaine, qui sont les milleurs, et qui vouldra, il en fournira entre cy et Pasques M ou ii"" xii" li ce pris, mais qu'on lui face prest d'argent.

On treiive a Paris x grosses arhalestes de Rommenie a tendre à tour 'pour XX //'. la pièce. Item x plu,s petites de Rommenie a tendre a croq pour II escus la pièce. Item y grosses arbalestes de bois de Flandres VIII fr. pièce. Item iiii mendres dudit pays, iiii fr. pièce. Item de iiii^^ à c moyennes de xxxii 5. et xxiiii sous parisis pièce. Item xxv, à tillolle dudit bois de Flandres nx-sous c^xxxvi sous parisis pièce.

Item Lx carnequins xx sous parisis la pièce. Item de lx à iiii"^ arbalestes moyennes de xxxii s. à xxiiii soîis pièce, qtii ne sont pas prestes, mais le seront entre cy et karesme prenant.

La pièce de lances coustera toute preste et enferée vi s. parisis la pièce, qui est le milleur m», xxxiii escus, etenfineraentrecy etTiaresme de II" oîi environ, et qui plus en vouldra il enfinera, mais qu'on lui Jîst prest d'argent.

Item, de savoir s'il y a nulles arbalestes à marchans à Paris et mander le nombre et combien elles cousteront.

Item , savoir combien coustera le millier de lances toutes prestes.

de Bourgongne , ensemble les frères du roy anglois , qui comme le jour de devant que les roys y entrèrent , estoient accompagnés par devant et par derrière de toute la noblesse et de tout Testât de Paris. Et estoient les rues demeurées en la mesme décoration de parement , de fontaines et d'autres ymages jetans vins et eaux roses abondamment à chacun; et crioit-on « Noël » à haute voix partout. Dont présens et maintes largesses y furent faites, tant aux roynes comme ailleurs , dont je ne fais mention ; aussi la chose n'est de nul fruit pour y arrester ; car chacun peut congnoistre , en cuidant que un peuple ne peut estre ressens', ni relevé d'une longue et enviellie malédiction et misère, et soy trouver en une apparence de repos et de soulagement comme cestuy povre peuple parisien , non hors encores, ni affranchi de son meschief , que certes continuement il fait et démène une grande exultation d'esprit, et se dégoise en toutes diverses inventions de joye et de solemnités, comme tout nouveau ressuscité et eslargy de prison. Ainsi faisoient les povres François à

On fin er a à Paris présenfemeiit seulement de vi awi xii«s de toutes façons bonnes et mauvaises, dont la plus grande partie cousteront e.\ni sous, xxiiii soîis parisis et aucunes Il fr., nifr.,ou uufr. et plus, et qui vouldroit marchander à maistre Pierre le Masnier, il fera la pièce très-bonne et bien forgée pour xxvi sous parisis. Et on l'aurra bien entre cy et Pasques ii ou iii<= et plus, mais qu'on lui feist prest d'argent.

Qui les vouldra sans dague , il les fera pour xxii s. et pour moins.

[Bibliothèque impériale a Paris , fonds français, 12';8, fol. 60.)

' Eessous, délivré.

Item, de savoir combien pourra couster le cent de haiches de guerre.

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Paris, lesquels, par riucouvénient des douloureuses morts advenues et de la tyrannie du roy anglois , que souffrir leur falloit et avoir agréable , pour lors faisoient bonne chière de leur propre malheur et de leur propre confusion et vergoigne, réputans aucuns plusestre félicité, en leurs vieux jours , vivre paisibles et foulés sous main de tyran , que misérables champions en leur honneur sous un roy héritier infortuné avec eux.

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