‹ Œuvres. Pub. par le baron Kervyn de Lettenhove (volume 4)Chapitre 13 sur 50 · DE PIERRE DE BREZE · texte numérisé non relu

DE PIERRE DE BREZE

Mesmes la terre et tout homme en font preuve : IS'eu remaiut point un tel où plus se trouve.

Escus, haubers, cottes d'armes, espées, A chief enclin, révérence luy prestent; Viennent de sang tout rouge enveloppées, Comme en estour mordamment décoppées, Et en ce lieu s'enclinent et arrestent, Plaignent sa mort, ses vertus magnifestent. Le clament tous, les croye qui vourra, Pour l'un des bons qui oucques s'en para.

Ne soit nulluy portant aujourd'huy vie, Com grant il soit, ne com noble il puist estre, Qui en ces mots, prende aigreur, ne envye ; Car l'existence en est si bien plevie ' Que contredit n'en peut sourdre, ne naistre. Son nom s'espart par huis et par fenestre Et va rayant comme un soleil au thronne. Et toute France en bruit s'en avironne.

En son mortel meschief n'a pitié que une : C'est que ravoir ne se peut par complaindre, Et que sa dure annuyeuse fortune Ne peut entendre h pleurison commune, Par quoy tristeur des cœurs se pust estaindre. De présent règne, est bien loiugs de rataindre A un tel chief qu'hommes et femmes pleurent Et que les cieux faveurent et honneurent.

Je fay contraire à ma vieille droiture ; J'occis cruelle ; et vraye, je hault loue ; Après coup fait, je plains la créature Dont j'ay cassé les baux biens de nature

' Plevie, garantie.

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